‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 15 sur 163 · NOR DO ON · texte numérisé non relu

NOR DO ON

reconnaît à de la valeur d’une préposition de lieu ; car tandis qu’au seizième siècle on trouve des phrases comme : Il seroit content m'avoir pour deviser et passer temps. — Il eut le courage lui demander ; — l’infinitif narratif sans de est excessivement rare. Selon lui, l'emploi de la préposition de, loin d’être l'effet d’une analogie, dénote une action accomplie au moment dont on parle, équivaut donc à un Plus-que-parfait ou à un Passé antérieur; mais, comme l’idée du parfait ne s’appuie pas sur la forme du verbe, elle se perd facilement, pour ne laisser que celle d’une action s’accomplissant en fort peu de temps :.

Il nous semble pourtant que M. Haupt s’en tient trop étroitement à l’idée du Plus-que-parfait (Passé antérieur) pour pouvoir expliquer le vraisens de l’infinitif denarration. L’infinitif, parlui-même, n’exprime aucun rapport temporel; c’est surtout le contexte qui détermine le temps. Si l’on admet que de marque le lieu et, par extension, le point de départ, le commencement de lPaction verbale 3, la réunion de cette préposition à l'infinitif doit évoquer unique-

historique de la langue française, Paris, IV, p. 145 ; Meyer-Lübke, op. cit., II, $ 529; F. Brunot, Histoire de la langue française, Paris, I (1905), p. 262, 264 ; C. Schäfer, Der substantivierte Inf. im Franzôsischen (Rom. Forschungen, XXIX,' 1910, p. 183). — Ph. Marcou (Der hist. Inf. im Franz., Diss. Berlin, 1888, p. 21 sqq.) dérive l’inf. historique de linf. volitif; A. Schulze (Zum Lehre vom franz. Inf.; Zeitschr. f rom. Philol., XV, p. 504 sqq.) croit que de signifie : se détourner del’ac tion pour passer à l’état de repos; G. Paris (Romania, XXI, p. 120) et D. Engländer (Der Imperativ im Altfranz., Diss. Berlin, 1889, p. 15 sqq.) supposent une ellipse de penser.

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