Éd. Assézat, p
6. Rousseau, Julie ou la nouvelle Héloïse, Paris, Garnier, s. d.
tu les attribues à la seule vertu : et ma Julie de s attendrir ! — Îb., IV, lettre II : L'architecte athénien... ce beau diseur... tu sais bien... dans ton vieux Plutarque... Pompeuses descriptions, superbe temple !... Quand il à tout dit, l’autre vient ; un homme uni, l’airsimple, grave et posé... comme qui dirait ta cousine Claire... D’une voix creuse, lente et même un peu nasale... Ce qu’il a dit, je le ferai. Ilse tait, et les mains de battre. Adieu l'homme aux phrases.
FRANCE, Vie de Jeanne d'Arc? : Les commissaires obtinrent de la plupart des témoins des déclarations en ce sens. Elle était simple, elle était très simple, elle était toute simple, répétaient-ils. Et tous, en termes semblables, ajoutent : « Oui, elle était simple, hors du fait de la guerre où elle était très entendue ». Et les capitaines de dire qu’elle était experte à placer des canons, quandils savaient bien le contraire. — BourGET, Le démon de midi, VI (M. Calvières présente ses invités à M. Savignan) : «... M. Galoche, vétérinaire de la Malonie. S'il n’était pas dans le pays, je n’amènerais pas les chevaux de Me Calvières à Soléac...
Et les poignées de mains d'aller, et les Gibert, les Charnel, les Courtadon, les Prohet, les Galoche de rire ou de hocher la tête à la rude bonhomie de leur amphitryon, qui déjà présentait d'autres invités.
Ib., 1b. 4; Ces cris fusèrent de tous les points de la table. Le docteur Fumat les résuma avec un cynisme tout médical :
— Enfin, il crève comme il a vécu, dans la pourriture.
Et tous les anciens électeurs d’Andiguier d'applaudir. Calvières, qui suivait Savignan du coin de l'œil, lui dit, à travers la table, avec une belle humeur destinée à prévenir ses dégoûts :
— Vous nous retrouvez tels que vous nous avez quittés. Nous sommes de bonnes bêtes, nous autres montagnards. Mais nous n’aimons pas qu’on nous le fasse trop sentir.
Éd. Plon-Nourrit, I, p. 223.
Et la table de s’exclamer de nouveau, tandis que Geneviève, qui observait aussi son voisin,... lui disait à mi-voix : — Vous regrettez déjà un peu d’être candidat ?..
L'infinitif narratif avec à s’atrophie et disparaît, absorbé par des constructions ayant le même sens '. L’infinitif historique avec de, au contraire, étend son domaine ?. D'un usage très familier au xvu siècle, il finit par s’introduire dans les livres d’histoire et dans le roman psychologique. Une série de ces infinitifs augmente considérablement la vivacité du discours 3. Dans le dernier exemple emprunté à Bourget, il détermine d’une façon pittoresque le mouve-
1. On sera légèrement surpris d'apprendre que M. Haupt (op. cit., p. 91) voit un infinitif historique dans : Un groupe curieux à observer (Daudet, Le Nabab, p. 74), et ne sachant de quelle manière l’expliquer, suppose une influence méridionale. Pour nous, l’infinitif signalé a la même valeur restrictive que celui qui remplace le supin latin après les adjectifs affreux, pénible, effrayant, dont il y a de nombreux exemples chez des auteurs d’origine diverse : MAUPASSANT, La mère Sauvage : Elle était curieuse à voir, la grande Sauvage, un peu courbée, allant à lentes enjambées par la neige... SARDOU, La famille Benoîton, I, sc. IV : C’est chose vraiment curieuse à observer que cette jeune âme de négociant...
2. À consulter encore, pour le xvie siècle : Gräfenberg, Beiträge zur franz. Syntax des XVI. Jahrhunderts, Diss. Gôttingen, 1885, p. 97; Marcou, op. cit. ; Brunot, op. cit., II (1906), p. 460; L.-E. Kastner, L'inf. hist. au XVIe siècle (Revue de philol. fr. et de littérature, XVIII, 1904, p. 161 sqq.) ; Anderten, op. cil., p. 21; pour le xviie siècle : Marcou, op. cît., p. 16 ; Fahrenberg, Entwicklungsgänge in der Sprache Corneilles (Herrigs Archiv, LXXXVIII, p. 287); Brunot, op. cit., II (1911), p. 2; pour le xixe : Marcou, op. cit., p. 20, 27; Anderten, op. cil., p. 21.
3. Cf. F. Brunot, La pensée et la langue, Paris, 1922, p. 478 : « Le premier exemple [de l’infinitif de narration] est signalé dans le Roman des sept Sages, mais le tour ne se trouve réellement developpé qu’au xve siècle... Il faut noter que le tour est encore considéré au xvrie s. comme familier... A la veillede la Révolution, Féraud signale l’infinitif de narration « dans le style plaisant ». De nos jours il est élégant. »
ment de la phrase, en soulignant l'effet que produisent les. paroles des deux convives.
L’infinitif descriptif, qui se rencontre chez les romanciers et les poètes impressionnistes, se confond facilement avec celui que l'on trouve dans les propositions exclamatives. La force émotive latente qu’il renferme peut mener à de vrais transports de passion se manifestant par des cris et des éclats de voix. L'emploi de l’infinitif, ici encore, s'explique par le fait qu’il énonce la seule idée verbale, sans aucun rapport avec les différentes catégories de l’entendement. Cette simplification a pour effet d'élargir le domaine de la sensibilité et d'ouvrir la voie à toutes les effusions lyriques. Les phrases de ce genre, quoique déjà connues en latin, ne font leur apparition qu’à partir de Rabelais, ce qui confirme notre hypothèse sur leur origine psychologique, puisque Rabelais est le premier écrivain français chez qui le sentiment personnel éclate librement ::
PascaL, Pensées 2 : Étre membre, et n'avoir de vie, d’être et de mouvementque par l'esprit du corps et pour le corps. Le membre séparé, ne voyant plus le corps auquel il ‘appartient, n'a plus qu’un être périssant et mourant. — M"° DE SÉVIGNÉ, Lettre à M°° de Grignan (29 septembre 1675) 3 Ah ! que c’ést bien précisément ce que nous disions : après une longue navigation, se trouver à neuf cents lieues d’un cap, et le reste! — MoLiÈrE, Le mariage forcé, sc. IV + Pancrace : Me vouloir soutenir une proposition de la sorte! Sganarelle : Il a tort. Je... Pancrace : Une proposition
condamnée par Aristote. Sganarelle : Cela est vrai. Je... Pancrace : En termes exprès. — Dom Juan, IV, sc. V $ :
1. Cf. Kretschmer, art. cit., p. 273 ; Haas, op. cit., p. 17 sqq.; Anderten, op. ctl., p. 14, 33, 73 ; Haupt, op. cit., p. 95 et passim.