‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 32 sur 163 · Ed. Despois-Mesnard, p · texte numérisé non relu

Ed. Despois-Mesnard, p

44 | CHAPITRE Il

* une jambe toute unie, un chapeau désarmé de plumes, une tête irréculière en cheveux, et un habit qui souffre une indigence de rubans...! Mon Dieu, quels amants sont-ce : là! Quelle frugalité d'ajustement et quelle sécheresse de conversation ! — BoiLEAU, Dissertation critique * : Suivre des errements ! Juste ciel! .Quelle langue est-ce là! |

LESAGE, Gil Blas, V, ch. 1? : Je ne m'en défends pas, repartit Lucinde ; j’aime ce renégat, et j'en veux faire mon quatrième époux. Quel projet, interrompis-je avec horreur ; vous, épouser un musulman ! — VOLTAIRE, Lettre à Mme Denis (18 décembre 1752) 5 : Sérieusement, cela serre le cœur. Tout ce que j'ai vu est-il possible ? Se plaire à mettre mal ensemble ceux qui vivent avec lui! Dire à un homme les choses les plus tendres, et écrire contre lui des brochures ! et quelles brochures ! Arracher un homme à sa patrie par les promesses les plus sacrées, et le maltraiter avec la malice la plus noire ! Quels contrastes ! Et c’est là l’homme qui m'écrivait tant de choses philosophiques et que j'ai cru philosophe !

Huco, Lettre à M Victor Hugo + : Quel bonheur ! Se revoir ! — Lucrèce Borgia, 1, sc. IV $ : Oh! délivrer ma mère! la servir, la venger, la consoler, quel bonheur ! — Musser, Barberine, 1, sc. IV6 : Vous concevez quelle entreprise ! Pénétrer dans un château inaccessible, construit sur un rocher, battu par les flots, et entouré d’une pareille garde ! — Bazzac, Le lys dans la vallée 7 : Quelle récompense dans ce regard ! La rendre heureuse, lui rafraïchir le cœur, quel encouragement ! — AUGIER, Les Fourchambault, IV, sc. V 8 : Passer, couple iivisible, à travers les préjugés et les conventions mondaines ; étre tout l’un pour l’autre à l'insu des indifférents… Quel rêve ! — ZoLa, Lourdes, I, ch. V >: Mais quel regret !

. Éd. Amar, IIL,p. 392-393.

. Éd. Garnier, I, p. 382.

. Éd. Moland, I, p. 312-313.

. Correspondance, I, p. 167.

Éd. Hetzel-Quantin, p. 32.

. Éd. Charpentier, p. 272.

. Éd. Calmann-Lévy, p. 121.

. Éd.Calmann-Lévy, p. 110.

. Éd. Charpentier, p. 112.

D SNJ Qu E w D =

Ne pas entendre la suite, rester ainsi au beau milieu de l’histoire !

L'infinitif précédé de la préposition de peut être séparé du substantif par une pause qui montre que l'unité phra- . Séologique n’est pas encore bien marquée :

CoRNEILLE, Clitandre, préface ‘ : Si mon sujet est véritable, j'ai raison de le taire; si c’est une fiction, quelle apparence, pour suivre je ne sais quelle chorographie, de donner . un soufflet à l’histoire, d'attribuer à un pays des princes imaginaires, et d'en rapporter des aventures qui ne se lisent point dans les chroniques de leur royaume! — La BRUYÈRE, Caractères, Du mérite personnel ? : Quelle horrible peine à un homme qui est sans prôneurs et sans cabale, qui n’est engagé dans aucun corps, mais qui est seul, et qui n’a que beaucoup de mérite pour toute recommandation, de se faire jour à travers l’obscurité où il se trouve, et de venir au niveau d’un fort qui est en crédit! — 1b., Des jugements 3 : Quelle vision, quel délire au grand, au sage, au judicieux Antonin, de dire qu’alors les peuples seroient heureux, si l’empereur philosophoit, ou si le philosophe, ou le grimaud venoit à l’empire.

MONTESQUIEU, Lettres persanes, XXVI + : Quel chagrin pour moi, dans les premiers jours de notre mariage, de ne pas vous voir ! — 1b., XCIV 5 : Quel dessein, Rhédi, de vouloir, pour endurcir leur conscience, mettre l’iniquité en système, d'en donner des règles, d’en former des principes, et d'en tirer des conséquences! — Rousseau, La nouvelle Héloïse, 1, lettre XXX VIII 6 : Quel ravissant spectacle, ou plutôt quelle extase, de voir deux beautés si touchantes s’embrasser tendrement, le visage de l’une se pencher sur le sein

1. P. Corneille, Œuvres, p.p. M.-Ch. Marty-Laveaux (Les grands écrivains de la France, Paris, 1862, I, p. 263-264).

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