‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 4 sur 163 · LA PROPOSITION INFINITIVE SIMPLE IT · texte numérisé non relu

LA PROPOSITION INFINITIVE SIMPLE IT

Daudet lui-même qualifie ce langage de « parler demienfantin qui, en ôtant leurs temps aux verbes, semble l’essai d'un peuple à peine sorti du mutisme animal » *. Molière emploie cette façon de parler pour obtenir un effet burlesque (M. de Pourceaugnac, I, sc. ID : :

Oronte : Dites-moi, monsieur, ce que vous voulez. Sbrigani : Moi le dire rien, montsir, si fous ne mettre pas le chapeau sur le tête. Oronte : Soit. Qu’y a-t-il, monsieur ? Sbrigani : Fous connoître point en sti file un certe montsir Oronte :.….

On retrouve l'infinitif dans les notes rapides jetées par tel ou tel auteur sur son journal intime et servant de point de repère à des travaux plus complets :

PASCAL, Pensées 3 : Parler de ceux qui ont traité de la connaissance de soi-même, des divisions de Charron, qui attristent et ennuient, dela confusion de Montaigne... — Ib., X, 9 + : Ordre. Une lettre d’exhortation à un ami pour le porter à chercher, et il répondra : Mais à quoi me servira de chercher ? rien ne paraît. Et lui répondre : Ne désespérez pas. Et il répondra qu’il serait heureux de trouver quelque lumière, mais que, selon cette religion même, quand il croirait ainsi, cela ne lui servirait de rien, et qu'ainsi il aime autant ne point chercher. Et à cela lui répondre : La machine. — Vicny, Journal d'un poële : Prouver qu'une âme contemplative comme celle de Julien, quand elle daigne donner quelques-unes de ses idées à l’action, la

2. Œuvres de Molière, p. p. E. Despois et P. Mesnard (Les grands

écrivains de la France, Paris, 1872-1889, VIL, p. 290) ; cf. M. de Pourceaugnac, ÏT, sc. II (p. 325-26); Les fourberies de Scapin, TI, sc. IT (VIN, p. 496).

3. Pensées de Pascal, p. p. E. Havet, Paris (éd. minor, VI, 33, P- 190).

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