‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 65 sur 163 · Ed. Nelson, II, p · texte numérisé non relu

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de ce verbe dans l'emploi impersonnel. Selon M. Horning ‘ faillir est devenu verbe impersonnel dans la seconde moitié du xn° siècle. Les plus anciens exemples de 5] faut suivi d’un infinitif remontent au commencement du xune siècle. Ce n’est qu’à partir du xiv° que la tournure devient commune et prend l’acception de il est nécessaire. Joinville ne connaît pas encore cette construction, elle se trouve à plusieurs reprises chez Baudouin de Sebourc (commencement du xiv° siècle), et son emploi est fréquent dans les Miracles de Notre-Dame et les œuvres de Froissart. À toutes les époques du français, l'infinitif pur est d’un usage presque exclusif ?.

Il ne faut bas avait au xiv° siècle le sens de : 5] n’est pas besoin, il est inutile. Cette acception s’est conservée en français moderne 3 :

PascAL, Pensées + : Si notre condition était véritablement heureuse, 1] ne nous faudrait pas divertir d'y penser pour nous rendre heureux.

MarIVAUXx, Le jeu de l'amour et du hasard, II, sc. VIT: : Eh bien! si ce valet n’a rien dit, à la bonne heure ; il ne Jaut pas vous emporter pour le justifier ; je vous crois, voilà qui est fini. — Rousseau, La nouvelle Héloïse, IV, lettre VIS : Il ne faut pas vous dire que, durant toute la route, je n'étais occupé que de l’objet de mon voyage. — Jb., VI, lettre VI 7: Les plus doux sentiments, devenus légitimes, ne seront plus dangereux ; quand ÿ} ne faudra plus des étouffer, on n’aura plus à les craindre.

1. Le pronom neutre il en langue d'oil (Romanische Studien, IV, P. 252 sqq.).

2. Cf. Tobler, Vermischte Beitrâge, 1, p. 123 sqq., éd. française, p. 269 sqq. ; Kjellman, op. cit., p. 88 sqq.

. Contrairement à ce que croit M. Kjellman Cp. cil., p. 91). . Éd. Havet, VI, 22, p. 185.

. Éd. Laplace-Sanchez, p. 321.

Éd. Garnier, p. 348.

RENAN, L'avenir de la science : Si une doctrine est vraie, il ne faut pas la craindre. — Davver, La chèvre de M. Seguin ? : Quant à mettre le nez dans son moulin, à} n'y fallait pas songer.

Il ne faut que, suivi d’un infinitif, a le sens de : sl sufht de dans les phrases que voici :

DESCARTES, Discours de la méthode 3 : Il ne faut que Îles entendre pour les croire. — PascaL, Lettres provinciales, XUI + : Cependant il ne faut pour en estre éclaircy qu'ouvrir le livre au lieu mesme où vous renvoyez. — RACINE, Britannicus, première préface 5 : Que faudroit-il faire pour contenter des juges si difhciles ?.... Il ne faudroit que s'écarier du naturel pour se jeter dans l’extraordinaire. — SAINT-SIMON, Mémoires $ : La lettre étoit également furieuse et adroite... ; il ne falloit que jeter les yeux dessus... pour voir que ces deux animaux mitrés n’y avoient eu de part que leur signature.

LEsAGE, Gil Blas, II, ch. III 7 : Sachez, mon ami, qu’il ne faut que soigner et faire boire de l’eau chaude : voilà le secret de guérir toutes les maladies du monde. — Vor- TAIRE, Lettre à M. Thiriot (12 juin 1735) ® : 1] ne faut pour cela que se mettre un demi-quart d’heure vis-à-vis son écri- . toire.

CHATEAUBRIAND, Le génie du christianisme, IV, livre VI, ch. XI ° : Jl ne faut que se représenter les Jeux de la déesse Flore et cette boucherie continuelle des gladiateurs pour sentir l'énorme différence que l'Evangile a mise entre nous et les païens. — SanND, Les maîtres sonneurs, V'° : Tout

. Sensine, p. 349.

. Daudet, Lettres de mon moulin, Paris, Hetzel, s. d., p. 33. Éd. Adam-Tannery, VI, p. 68.

Éd. Brunschvicg, VI, p. 22.

Éd. Mesnard, II, p. 246.

Éd, Boislisle, XX, p. 343.

Éd. Garnier, I, p. 99.

Éd. Moland, I, p. 167.

Éd. Garnier, II, p. 274.

Éd. Lebègue, t. I, p. 76.

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le travail était agencé d’une mode si savante, qu’il ne fallait que bouffer bien petitement pour enfler le tout et envoyer un son pareil à un tonnerre.

C'est seulement dans le sens de il est nécessaire que la locution, suivie d’un infinitif, se développe complètement :

MALHERBE, Traité des bienfaits de Sénèque, VII, ch. II : : C'est par cette belle règle qu’il faut policer nos actions, faire et désirer toutes choses et réputer les plus misérables hommes du monde... ceux qui... laissent moisir leurs âmes en l'assoupissement d’une abominable oisiveté. — Lettres ? : De ce côté-là, Madame, comme ÿ/ ne faut point espérer de grâce, aussi ne faut-il pointcraindre d’injustice. — PascaL, Leitres provinciales, VI 3 : Pour pecher et se rendre coupable devant Dieu, 1/ faut sçavoir que la chose qu’on veut faire ne vaut rien, ou au moins en douter, craindre, ou bien juger que Dieu ne prend plaisir à l’action à laquelle on s’occupe, qu’il la defend, et nonobstant la faire, franchir le sault et passer outre. — Ib., XIV + : Elle [l'Église] a toûjours enseigné à ses enfans qu'on ne doit point rendre le mal pour le mal : qu’il faut ceder à la colère : ne point resister à la violence : rendre à chacun ce qu’on luy doit, honneur, tribut, soumission : obeir aux Magistrats et aux Superieurs, mesme injustes ; parce qu’on doit toùjours respecter en eux la puissance de Dieu, qui les a establis sur nous. — BOossuET, Discours sur l'histoire, III, ch. VI 5 : Il falloit aller à la guerre quand la république l’ordonnoit, et là travailler sans cesse, camper hiver et été, obéir sans résistance, vaincre où mourir. — FÉNELON, Traité de l'existence de Dieu, I, ch. IT 6 : IT faut trouver un premier individu dans les générations de chaque espèce ; 17 faut trouver de même la première forme qu’a eue chaque portion de matière qui fait

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