‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 67 sur 163 · Éd. Charpentier, p · texte numérisé non relu

Éd. Charpentier, p

Voici maintenant quelques phrases où, grâce à la vivacité du discours, linfinitif se sépare de la locution imper-. sonnelle, et prend üne vie propre :

VoLTaiRE, Lettre à M. de la Haye (juillet 1772) : : Alors. que faut-il faire ? cultiver son jardin comme Candide. — DiperorT, Jacques le fataliste ? : Il faut voir ; il faut envoyer chercher le chirurgien. — On y est allé. — La faire metireau lit. — Elle y est, et pousse des cris à fendre le cœur.

Mr: DE STAËL, Delphine, IL, lettre II 3 :Que faut-il donc faire, quand une cause, inconnue ou méritée, vous a ravi le bien suprême, l’amour dans le mariage ? que faut-il donc faire quand vous êtes condamnée à ne jamais le connaître ? Eteindre ses sentiments, se rendre aride, comme tant d’êtres. qui disent qu’ils s’en trouvent bien; éfouffer ces élans de l’âme qui appellent le bonheur et se brisent contre la. nécessité ; j y ai presque réussi. — Jb., VI, lettre X VIII « : Fallait-1l éprouver, au milieu du bonheur suprême, un sentiment d’amertume ? rougir de soi-même, parce qu'on n’a pas la force de dompter ce sentiment ? rougir devant les. autres, alors qu’ils le devinent ? aimer avec idolâtrie, et n’étrepas heureux avec ce qu’on aime ? t’estimer, t'adorer à l’égal des anges, et te voir flétrie dans l’opinion ? garder dans le fond de mon âme une peine qu'il aurait fallu te cacher? Ab! cette existence était odieuse.

On voit, sous le coup de l'émotion, la période se dérouler comme dans les phrases où l’infinitif ne dépend d’aucun autre verbe. L’infinitif avec falloir peut, de la même façon, se rapprocher des cas où il énonce, à lui seul, le désir, la nécessité :

Lori, Un pélerin d’Angkor, IX 5 : Pour essayer de se:

Page 1