‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 70 sur 163 · Éd. Plon-Nourrit, II, p · texte numérisé non relu

Éd. Plon-Nourrit, II, p

S. ERINGA. — La proposition infinitive. 8

construction, où l’imagination et le sentiment l’emportent sur la logique :

MaLHERBE, Les épitres de Sénèque, XXIV ‘ : Besoin est-il d'aller au-devant des maux, préoccuper une douleur que nous sentirons quand l’occasion en sera venue, et gâter la jouissance du présent par l'appréhension de l’avenir? — Cor- NEILLE, Lettre au révérend P. Boulart ?: Autre chose est de faire douter de celui qui est en possession ; autre chose d'en établir un autre à sa place.

CHATEAUBRIAND, Le génie du christianisme, IL, livre I, ch. 13: Autre chose est de produire un ouvrage de quelques mois de travail, autre chose est d'élever un monument qui demande les labeurs de toute une vie. — Jb., II, livre IV, ch. XVI +: Autre est de danser et de faire des festins, autre de connoître la nature des choses, de lire dans l’avenir, de voir les révolutions des globes, enfin d’être comme associé à l’omni-science, sinon à la toute-puissance de Dieu. — Vicxy, Stello, XXXV 5 : Force me fut de relourner tristement à ma fenêtre, prisonnier chez moi. — Huco, Lettre à M®° Hugo (10 juillet 1843) 6: Bien m'en a pris, chère amie, de partir du Havre lundi dernier. — Dumas PÈRE, Les trois mousquetaires, XXIII * : Celui-ci fit un salut si doux et si bénin que force fut à son locataire, non seulement de le lui rendre, mais encore de liër conversation avec lui. — GAUTIER, Le capitaine Fracasse $ : Agostini envoya la lame au ventre de Sigognac à qui bien en prit de n étre pas obèse. — BoURGET, Le démon de midi, I 5 : Point n’est besoin d’étre érudit pour savoir qu’il y a là une des particularités de cet art. — BERGSON, Matière et mémoire :

. Éd. Lalanne, IL, p. 354.

. Éd. Marty-Laveaux, X, p. 464.

. Éd. Garnier, I, p. 172.

Ed. Nelson, p. 229.

. Correspondance, II, p. 52.

. Éd. Nelson, I, p. 337.

. Éd. Plon-Nourrit, I,p. 14.

D DJ ANR S D

Autre chose est, en effet, comprendre un mouvement difficile, autre chose pouvoir l’exécuter :.

C’est donc la construction régulière et logique qui entraîne l'emploi de £! devantun verbe impersonnel. Il accompagne Également le verbe valoir lorsque l’adverbe suit le verbe.

Il vaut mieux est d’un usage fréquent :

MALHERBE, Le XXIIL livre de Tite-Live ? : Il pensa qu’il valoit mieux tout hasarder que d’en laisser perdre une partie à faute de le secourir. — 1b. 3 : Il lui valoit mieux se perdre que de ne conserver pas la Macédoïine.—PascaL, Pensées 4: [vaut mieux ne rien dire. — RACINE, Îphigénie, préface 5 : S'il faut tomber dans quelque excès, encore vaut-il mieux pécher en admirant tout dans leurs écrits, qu’en y blâmant beaucoup de choses. — MoLiÈre, Impromptu de Versailles, sc. I 6 : I! vaut mieux s'acquitter mal de ce qu’ils nous demandent, que de ne s’en acquitter pas assez tôt. — BossuET, Discours sur l’histoire, 1, ép. X 7: Son père, Antonin, leur avoit appris qu'il valoit mieux sauver un seul citoyen que de défaire mille ennemis. — FÉNELON, Trailé de l'existence de Dieu, TI, ch. II 8: Il n’y a rien qu’i/ ne vaille mieux admettre que de dire des choses si insoutenables.

MarivAUXx, La seconde surprise de l'amour, T, sc. I ° : Eh bien, cela distrait toujours un peu : sl vaut mieux quereller que soupirer. — LESAGE, Gil Blas, I, ch. XIV'° : I] vaut

1, Éd. Alcan, 1913, p. 116. — Le fait que dans le dernier .exemple seulement on trouve l’infinitif pur, n’a pas d'importance ici. Notre intention est d’expliquer le non-emploi de sl.

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