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prendre un tournoïement de tête. — FÈNELON, Traité de l'existence de Dieu, Il, ch. V, art. III : Quand même les êtres créés ne changeraient point de modifications, 5] ne laisserait pas d’y avoir, quant au fond de la substance, une mutation continuelle. — La BRUYÈRE, Caractères, Des esprits forts ? : Cette contormité, comme il vient d’élre dit, a toujours été. si:
LEsAGE, Gil Blas, I, ch. V 5 : Je me défis ainsi de tous mes précepteurs, jusqu’à ce qu’#} vint s'en présenter un tel qu'il me le fallait.
Huco, Lettre à M. le baron Taylor (13 novembre 1828) + : Mon cher Taylor, 1] vient de se faire une tragédie dans ma famille, et je n’ai pas besoin, je pense, de vous dire qu’elle n'est pas de moi. — Les misérables, I, livre III, ch. VI: : [n'a fait que pleuvoir tout l'été. — Dumas PÈRE, Les trois mousquetaires, XVII $ : Je reviens vous prendre, et, comme 1] commence à se faire tard, je vous reconduis au Louvre. — Musser, On ne badine pas avec l'amour, II, sc. V7: Tous les jours il en meurt dans nos dortoirs, et tous les jours 1/ en vient de nouvelles prendre la place des mortes sur les matelas de crin. — Carmosine, II, sc. IIT 8 : Je crois... qu’il en devait être ainsi. — SanD, Les maîtres: sonneurs, X 9°: S'il vient à pleuvoir, vous l’étrennez [la
capiche |.
Il est évident que l’infinitif précédé de l’auxiliaire ou du copulatif, qui en modifient le sens, peut passer d’un seul coup de l’emploi personnel à la forme impersonnelle. I] suffit pour cela que le vrai sujet s’affaiblisse au point de
. Éd. Danton, p. 172.
. Éd. Servois, II, p. 274.
. Éd. Garnier, I, p. 20.
. Correspondance, 1, p. 76.
. Éd. Lacroix, I, p. 315.
Éd. Nelson, I, p. 270.
Éd. Charpentier, p. 210.
. Éd. Lebègue, t. IL, p. 5.
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devenir sujet grammatical. Nous aurons soin de signaler, au cours de cette étude, les cas intermédiaires qui marquent ici les transitions.
En résumé, on peut dire que l’emploi de linfinitif pur après les verbes impersonnels qui viennent d’être discutés, s’explique par des considérations de nature différente. Valoir précédé de rmieux et de autant, ainsi que à quoi bon, sont devenus des locutions toutes faites dont la force expressive se concentre dans l’adverbe ou l'adjectif; ce qui entraîne l’affaiblissement et même la chute du verbe, et l'empêche d'évoluer comme les autres formes impersonnelles. Le changement de sens, subi par falloir et faire avec un adjectif, les isole du groupe auquel ils appartiennent. 1] faut, après avoir décrit une courbe sémantique élégante, va rejoindre les auxiliaires de mode et se lie étroitement avec l’infinitif. Il fait, tout en conservant l’infinitif pur du verbe personnel, auquel l'adjectif sert de complément prédicatif, le transforme de complément direct en sujet logique et en offusque les origines syntaxiques. Sembler et paraître suivent un processus analogue, mais plus facile à distinguer : l’infinitif, qui est le prédicat nominal du verbe personnel, devient le sujet logique du verbe impersonnel. Si d’un côté l’emploi des verbes impersonnels précédés d’un auxiliaire a pu favoriser cette évolution, elle paraît s'être accomplie d'elle-même en ce sens que le sujet réel, substantif d’abord, puis pronom, puis pronom neutre, se transforme peu à peu en sujet grammatical. Nous croyons qu'il y a là un principe qu’on pourrait appliquer avec succès à d’autres constructions impersonnelles, sans risquer des hypothèses plus ou moins arbitraires de contamination et de recomposition, instruments trop dociles entre les mains des grammairiens philosophes.
L'infinitif avec à après une locution impersonnelle :.
Le besoin de clarté, de précision, qui a favorisé l'emploi du sujet grammatical j/, justifie également l'introduction de à ou de devant l’infinitif dépendant d’une locution impersonnelle, pour exprimer le rapport de subordination où l’infinitif se trouve à l’égard du verbe conjugué. Il est à remarquer que l’infinitif avec de tend de plus en plus à remplacer l'infinitif précédé de 4, et que cette tendance se manifeste à la même époque où le pronom 1/ commence à se généraliser. Tandis qu'au moyen âge l’infinitif avec de occupe encore une place modeste à côté de l’infinitif pur et de celui qui est précédé de 4,’ il commence à gagner du terrain vers la fin du xv* siècle, et à partir de cette période, malgré la résistance de l’infinitif sans préposition, l’infinitif avec de va remporter la victoire. Ce changement dans la structure de la phrase impersonnelle, attesté par deux phénomènes de nature fort différente, résulte, à notre sens, d’une évolution dans ia mentalité française. C’est à la fin du xv° siècle, et plus encore au xvi*, sous l'influence de la Renaissance, que la raison, la conscience de soi, prévalent sur limagination et le sentiment. D’un côté, limitation du latin maintiendra longtemps l’infinitif pur ; d’autre part, il
1. Nous discutons également dans ce chapitre les cas où de alterne avec à, et où l’infinitif avec 4 est le plus usité.
est plus logique de se servir de de que de à devant l'infinitif prépositionnel. Dès l’origine, ad exprime la proximité dans l’espace ou la direction d’un mouvement vers quelque chose, puis le point d’aboutissement d’une extension ou d'un mouvement ‘, et c’est aussi sa signification essentielle devant linfinitif, qui par là restreint le domaine de l’activité du sujet et précise le but de l’action. Au moyen âge on voit l’action du verbe principal s’exercer dans la sphère limitée par l'infinitif. La préposition de, au contraire, marque le rapport de cause à effet, et l'expression du rapport ‘causal se substitue au sens local ou final de à, comme l’allégorie, qui est une manière de rendre visible l’enchaînement des idées, fait place au raisonnent mathématique ?.
Ce n’est que sous l’influence directe des verbes personnels correspondants que l’infinitif avec 4 a subsisté après 2] y a, il reste, et, moins régulièrement après c’est à —- pranom personnel ou substantif. Dans l'emploi impersonnel du verbe, la préposition 4 conserve la valeur qu’il avait après le verbe personnel, et répond au sens que nous venons de lui attribuer.
IL y À. En vieux français cette tournure se construit parfois avec l’infinitif pur et l’infinitif précédé de de 5. En français moderne, à se rencontre d’abord avec le verbe personnel avoir ayant pour complément direct un infinitif :