Éd. Lalanne, I, P
craindre que si on le leur souffroit, les autres villes de l’Elide et de l'Tonie ne, fissent comme Smyrne, et celles de l’Hellespont comme Lampsaque.
Cet usage a subsisté dans la langue populaire du xix° siècle :
Huco, Les misérables, IV, livre VI, ch. Il: : Gnia (il n'y a) qu'4 monter par-dessus un mur, qu’à grimper par une fenêtre et qu’à passer sous une porte.
Grâce à sa fonction verbale l’infinitif peut s'ajouter un adverbe de manière ou de quantité, qui en augmente la valeur stylistique :
MaLHERBE, Les épüîtres de Sénèque, XIV * : Il y auroit fort à faire à gagner l’amitié de tant de personnes: — Lettres ? : Pour les autres, je les réserve à m'en servir en quelque occasion où 2] y aura plus à travailler. — RACINE, Lettre à J.-B. Racine (13 février 1698) 3 : On me conseille d’en user ainsi à cause qu’i/ y auroit trop à perdre et sur le change et sur les espèces. — SAINT-SIMON, Mémoires + : C’étoit un très petit homme... qui avec de l'esprit, étoit un répertoire exact et fidèle, avec lequel 77 y avoit infiniment et très curieusement à apprendre.
VOLTAIRE, Lettre à M de Graffigny (15 mai 1758) 5 : Qui se donne au monde est en guerre; et pour faire la guerre, il faut qu’il y ait prodigieusement à gagner, sans quoi on la fait en dupe.
D'autre part, pour compléter le sens de y avoir, on peut y joindre un substantif ou un terme équivalent 6 :
. Éd. Lacroix, t. I, p. 325.
. IV, p. 118.
. Éd. Mesnard, VII, p. 203.
. Éd. Boislisle, X, p. 268-269.
. Éd. Moland, I, p. 359.
. La tournure existe déjà en vieux français. Cf. Soltmann, art. cit., p. 386 sqq., Sôrgel, art. cit., p.256 sqq. ; Kjellman, op. cit., p.227 sqq.
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DESCARTES, Réponses aux sixièmes objections * : Il ny a pas moins de répugnance à penser que des choses que nous concevons clairement et distinctement comme deux choses diverses soient faites une mesme chose en essence et sans aucune composition, que de penser qu’on puisse séparer ce qui n’est aucunement distinct. — PascaL, Lettres provinciales, IT ? : La nécessité de la grâce efficace pour agir effectivement est de foy. 1! y a hérésie à la nier. — Ib., VIT : Îl ya de la cruauté à tuer un homme, pour éviter seulement un soufflet. — Jb., VIIT + : Mais je responds qu'apres que la chose est exécutée, il n’y a plus aucun péché ny à payer, ny den recevoir le payement. — Sentiments de l’Académie sur le Cid s : Il y a grand péril à divertir le peuple par des plaisirs qui peuvent produire un jour des douleurs publiques. — La RocxeroucauLp, Réflexions diverses, iV 6: S'il ya beaucoup d'art à savoir parler à propos, il y en a pas moins à savoir se taire. — M DE SÉVIGNÉ, Lettre à Mr° de Grignan (24 novembre 1675)7 : Il y a quelque chose de fou à chanter toute seule dans un bois. — RACINE, Le banquet de Platon $ : Il y a de la honte à se laisser vaincre à l'amour d’un malhonnête homme, 11 y a de l’honneur à se rendre à l'amitié d’un homme qui a de la vertu. — MoLiÈRE, George Dandin, IN, sc. VI? : Hé bien! Quel grand mal est-ce qu'#/ y a à prendre le frais de la nuit? — BoILEAU, Traité du sublime, XIV:° : Mais il n’y a pas grande finesse & jurer simplement. — Lettre à Brossette (7 janvier 1703)'': Peut-être aurois-je refusé de les prendre, si heureusement je ne me fusse ressouvenu d’avoir lu dans un auteur ancien
. Éd. Adam-Tannery, IX, p. 242.
. Éd. Brunschvicg, IV, p. 164.
+ Œuvres de P. Corneille, éd. Hachette, 1882, II, p. 70. . Éd. Gilbert, I. p. 293-294.
. Éd. Monmerqué, IV, p. 248.
Éd. Mesnard, V, p. 471.
. Éd. Despois-Mesnard, VI, p. 578.
. Éd. Amar, IIL, p. 90.
* IV, p. 342.
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qu'il n'y a pas quelquefois moins de beauté d’âme à recevoir de bonne grâce des présents, qu’à en faire. — FÉNELON, Traité de l'existence de Dieu, IX, ch. I ‘ : Non, il ne peut point y avoir de folie à n'assurer pas ce qu’on trouve entièrement assuré. — LA BRUYÈRE, Caractères, Du cœur ? : Il y a un sentiment de liberté à suivre ses caprices, et tout au contraire de servitude à courir pour son établissement.— [b., 1b. 3 : Il y abien autant deparesseque de foiblesse à se laisser gouverner. — Ib., Des grands + : L’on doit se taire sur les puissants ; 1] y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; :] ÿ a du péril a en dire du mal pendant qu’ils vivent, et de la ldcheté quand ils sont morts.
Marivaux, La seconde surprise de l'amour, TX, sc. XI 5 : Je soutiens qu’il y a conscience à la promener par le monde. — LEsAGE, Gil Blas, IT, ch. I : Puisqu'il ne résiste point, £} y auroit de la barbarie à l'égorger. — Ib., VII, ch. VII 7 : IT y a de la modération, mon ami, à te dire simplement que je ravis les spectateurs. — Jb., XII, ch. XIII : Vous êtes encore dans l’âge où 57 n’y a point de ridicule à brûler d'une amoureuse ardeur. — VOLTAIRE, Lettre à M. le comte d'Argental(24 septembre 1760)? : Il y a un aveuglement cruel à me priver du plus beau morceau de la pièce. — Le siècle de Louis XIV, XXVI' : Il y aurait de la tyrannie et de la pusillanimité à sacrifier à la colère d’une femme un brave homme, un favori qui, privé par lui de la plus grande fortune, n’aurait fait d’autre faute que de s’être trop plaint de M"° de Montespan. — Rousseau, Les confessions, IE, livre IX*: : C’est encore ici un de ces courts moments
. Éd. Danton, p. 103.
. Éd. Servois, I, p. 206.
ss D: 211
Éd. Garnier, I, p. 168.
Éd. Moland, I, p. 405.
. Éd. Zeller, p. 305.
. Éd. Garnier, p. 391.
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ni
où j'ai vu le bonheur de bien près, sans pouvoir l’atteindre et sans qu?! y eût de ma faute à l'avoir manqué.
LAMARTINE, Histoire des Girondins, XX, ch. VIT : : Dans un jour de combat où tout mon parti expose sa vie pour le trône et pour moi, #! y aurait de la ldcheté à moi à ne pas m'exposer autant que nos amis. — HuGo, Lettre à Thecel, de l'Indépendance belge (février 1860) ? : Il y a, à cet instant où nous sommes, wne sorte de mauvais entraînement à réagir contre cette belle renommée et contre cet éminent esprit. — MusseT, Comédies et proverbes, avant-propos 5 : N’y a-t-il pas wn orgueil mal placé à vouloir, dans ses premiers essais, voler de ses propres ailes ? N'y a-t-i] pas une sévérité injuste à blämer lécolier qui respecte le maître ? — Sanp, Les maîtres sonneurs, X XVIII + : 1} n’y a peut-être pas plus de ta faute à être malheureux en amour, qu’il n'ya eu de la mienne à être malheureux ce soir en musique. — RENAN, Essais de morale et de critique 5 : Ainsi entendue il] n'y a nulle exagération à le dire, l’histoire n’a pas quarante ans et se rattache à une série d’études qui se continue et s’achève sous nos yeux. — Marc-Aurèle © : Il y aurait plaisir à construire à priori le Marc-Aurèle des temps modernes, à voir quel mélange de force et de faiblesse créerait dans une âme d'élite appelée à l’action la plus large le genre de réflexion particulier à notre âge.
L'introduction du substantif ne modifie guère la structure logique de la phrase. Le verbe y avoir continue de
marquer l'existence, la préposition à conserve sa valeur restrictive. Au point de vue stylistique, au contraire, cette intercalation est de la plus grande importance, puisqu'elle donne une couleur toute spéciale à l'expression de la pen-
. Éd. Furne-Coquebert, III, p. 114.
. Correspondance, II, p. 232.
. Éd. Charpentier, p. 143.
. Éd. Lebègue, t. IIL, p. 134.
. Sensine, p. 357.
. Sensine, p. 361.