‹ La Propriété CulturaleChapitre 4 sur 47 · I. — Les origines · texte numérisé non relu

I. — Les origines

Les Romains croyaient que le communisme avait existé dans l’ancien Latium. Dans cet âge d’or la terre donnait spontanément à l’homme tous les objets nécessaires... La culture était inutile, la propriété privée de même et l'humanité avait toutes les vertus (1). Il est probable que ce fut une protestation imaginée vers la fin de la République contre les excès du régime capitaliste qui dominait alors. En effet, à l’époque la plus reculée où peuvent nous conduire les investigations de toutes sortes, les Romains primitifs sont groupés en clans barbares qui s’adonnent déjà à l’agriculture. « Les Romains, dit M. Giraud, furent dès leur origine un peuple essentiellement agriculteur. Rien ne le prouve mieux que les surnoms de Piso, de Fabius, de Porcius, qu'on trouve

(x) Virgile Georg. 1 125 et suivants, Eneide VI 203-204, Ovide Métamorphoses 1 = 8g-g0, 101 à 112, 135-136.

joints dès la plus haute antiquité au nom des plus illustres familles de Romie » (1).

Les habitants des Terramare qui sont les éta- blissements les plus primitifs que l'archéologie nous donne sur les Italiotes n'avaient rien des mœurs nomades ; les travaux qu'ils exécutaient pour asseoir leur demeure attestent qu'ils s’attachaient solidement au sol, et que, s'ils passaient ailleurs, c'était sous l'empire de la nécessité. Ce peuple d'agriculteurs devait, en outre, pratiquer en grand l'élevage puisqu'une des premières monnaies romaines s'appelait « vacca » et que le mot pecunia vient évidemment de pecus. « Les terres, dit Mommsen, étaient restées longtemps communes chez les Romains et le partage ne s’en était effectué qu’à une date relativement récente. La propriété ne se développa point d’abord immobilièrement, elle ne s’attacha qu'à la possession des esclaves et du bétail, familiæ pecuniæque ».

Mais, très vite, la nécessité d'une propriété inmo- bilière allait se faire sentir. Il y a tout d’abord à cela une raison d'ordre religieux. Elle était nécessaire à la famille. « Il y a trois choses que dès l’âge le plus ancien on Lrouve fondées et solidement établies dan:

ces sociétés grecques et italiennes : la religion do-

mestique, la famille et le droit de propriété, trois choses qui ont eu entre elles à l'origine un rapport manifeste et qui paraissent avoir été inséparables… Le foyer doit être posé sur le sol ; une fois posé on

(x) Ch. Giraud. Recherches sur le droit de propriété chez les Romains, sous la République et sous l’Empire, page 45.

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