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proprietaire, il n’ôte pas aux autres la faculté de créer d'autres valeurs vénales, puisqu’ils peuvent unir de même leur travail typogra phique aux elforts de l'esprit, ou de l'érudition de tout autre auteur que celui qui est en possession d'un tout, formé de sa mise personnelle et de celle de son imprimeur. Cela me parait démontré, et le paraîtra à quiconque sait raisonner »
Dira-t-on que l’imprimerie étant une invention tombée dans le domaine public, nul ne peut s’en servir pour se créer un monopole 1 Nous réclamerons contre la propriété de tous les champs, de toutes les maisons; car la charrue, la pioche, l’auge et la truelle sont des inventions qui appartenaient à tout le monde longtemps avant que Gutemberg eût imaginé sa presse et ses caractères. Si l’outil n’entre pour rien dans la propriété, quand il s’agit d’une terre ou d’une maison, pourquoi donc en tenir compte quand il s'agit d'uu livre? C’est toujours le même système. Dès que les auteurs sont en jeu, il n’y a pas de combinaison qu’on n’imagine pour les mettre respectueusement hors la loi. Quand on leur donne un privilège, c’est pour les dépouiller ; le droit commun n’est pas fait pour eux.
Pour triompher de la résistance des libraires, pour raffermir le garde des sceaux, M. de Miromesnil, qui, dit-on, chancelait dans sa résolution, peut-être aussi pour empêcher que les plaintes des gens qu’on dépouillait n’arrivassent jusqu’au trône et n'excitassent les scrupules du Roi, on voulut avoir le suffrage de l’Académie française. Le garde des sceaux consulta l’Académie. Suard fut le rapporteur de la commission nommée par la Compagnie. Ses conclusions, favorables aux arrêts de 1777 et adoptées par l’Académie, furent soutenues par l’abbé Arnaud, par La Harpe, par Gaillard, par Saurin, par Thomas. La pleine propriété des auteurs fut défendue par l’archevêque de Lyon, de Montazet, par d'AIembert, Marmontel, de Bréquigny et quelques autres *.
On a critiqué la faiblesse de l'Académie française, dans une question qui intéressait si vivement les lettres et ceux qui les cultivent. Sans vouloir justifier l’Académie, il ne parait pas cependant qu’elle mérite autant de sévérité.
L'Académie n’entre pas dans le fond du débat; elle accepte le règlement; elle refuse de louchera la question agitée entre les gcits