DIRECTEUR GÉNÉRAL SE LA LIBRAIRIE ET DE L’IMPRIMERIE
Monsieur,
Nous osons nous flatter que le mémoire que nous avons l’honneur de vous présenter répond raisonnablement à cette foule de mémoires donnés à nos supérieurs en différents temps, dans différentes circonstances, mais toujours au désavantage de notre corps, et tendant à l’abolition de nos droits et de nos propriétés.
Nous avons tenté, Monsieur, de vous rendre la lecture de ce mémoire agréable, par une diction plus élégante; mais revenus sur nos pas, nous avons choisi les principes et donné la préférence presque entière à celle qui appartient plus à notre état, surtout dans une circonstance où il n’est question que de vous faire connaître, autant que vos occupations vous le permettent, les défenses légitimes que nous nous proposons d’opposer à toutes les raisons spécieuses qu’on désirerait peut-être faire valoir contre nos intérêts.
Nos vues seront remplies, si nous continuant vos bontés et les effets d’une juste protection, vous voulez bien, d’après le
compte qui vous en sera rendu , ordonner des changements que vous croirez devoir être apportés à ce projet, et nous accorder la liberté de lui donner une sorte de publicité; car nous ne désirons exposer qu’aux yeux de nos supérieurs , et de nosseigneurs du conseil de chancellerie et librairie, les principes sur lesquels nous fondons nos justes demandes et nos réclamations.
Nous estimons encore comme fort utile , sous votre agrément, que les littérateurs connaissent véritablement la nature de leurs droits, et les libraires celle de leurs engagements et respectivement les lois auxquelles iis sont astreints.
En portant nos vues plus loin, nous espérons. Monsieur, que décidé sur notre sort, vous aurez des raisons très-puissantes à opposer aux protecteurs de nos adversaires, et de là beaucoup de facilité à présenter une barrière inexpugnable àmille demandes inconsidérées, contraires à votre équité naturelle, et à la ligne que vous nous avez paru vous être tracée à vousmême, qui est l’exécution des lois et des règlements. Enfin nous nous estimons très-heureux, Monsieur, si satisfait des marques de notre respect pour vos ordres , et de notre zèle pour notre état, vous permettez également à ceux qui doivent incessamment remplir nos fonctions, de solliciter auprès de vous la réussite de cette affaire importante, et les effets de vos bontés en faveur de la communauté entière.
Nous avons l’honneur d’être avec un très-profond respect'.
1. D’après les renseignements que nous fournit Y Almanach royal de 1764 sur les officiers de la chambre syndic; île , les signataires de ce mémoire devaient être M. Lebreton, syndic, MM. Leclerc, J. Kstienne, d’Houry et Despilly, adjoints.
-'/>Œ0 55 0CSSVV