‹ La propriété littéraire au XVIIIe siècleChapitre 63 sur 87 · Mémoire de l’Université. Pièce n“ XIII · texte numérisé non relu

Mémoire de l’Université. Pièce n“ XIII

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cies libraires, intéressés à le découvrir, n’avaient jamais pu parvenir à réprimer; elle représenta que les éditions de littérature solide, les ouvrages des anciens auteurs grecs et latins, de nos maîtres dans l'art d’écrire et de penser, seraient abandonnés; que les chefs-d’œuvre de l’antiquité tomberaient bientôt dans l’oubli ; le débit en sera trop lent pour oser entreprendre de les mettre de nouveau en lumière; on n’imprimera plus que des brochures éphémères, des frivolités faites pour amuser plutôt que pour instruire; le goût des sciences, l’amour des lettres, l’état de la typographie se perdront peu à peu, et la France verra s’évanouir cette prééminence que ses éditions avaient obtenue sur celles des nations étrangères.

fies tentatives des veuves des libraires, du corps de la librairie, de l’Université elle-même, demeurèrent sans effet. Le corps de la librairie voulut faire un nouvel effort : il crut devoir s’adresser directement au Roi. Il présenta une requête1 appuyée de deux consultations, dans lesquelles on s’est attaché surtout à détailler les principes sur la nature de la propriété littéraire et sur les effets des privilèges en librairie. La propriété de l’auteur est sacrée et incontestable, et celte vérité est si démontrée qu’elle est même reconnue dans le nouveau règlement; mais, ajoute-t-on, si cette prbpriété est pleine et entière dans la main de l’auteur, elle doit être la môme dans la main du libraire qui acquiert le manuscrit de l’auteur; car si l’auteur est propriétaire, il a droit de céder sa propriété, et s’il lui est interdit de La transporter, c’est lui interdire le droit de transporter ce qui lui appartient, c’est attaquer sa propriété, c’est la restreindre, c’est l’anéantir.

A l’égard des effets du privilège, on les fait envisager sous deux points de vue différents, parce qu’ils ont des motifs et un objet différents. Un privilège est une permission d’impri-

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