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de ces citoyens, aussi éclairés que laborieux, que nous devons l’éclat et la perfection des arts et des sciences dans tous les genres.
Depuis l’invention de l’écriture il a dit exister de même, chez tous les peuples, des hommes qui se sont fait un état de multiplier les productions du génie.
Les Romains en connaissaient deux espèces, les uns s’appelaient librarii, les autres bibliopolæ. Les libraires étaient ceux qui écrivaient pour le public, et que nous appelons aujourd’hui écrivains. Les bibliopoles tenaient magasin des manuscrits qu’ils avaient copiés ou fait copier, et ils les vendaient au public. C’est ce que nous appelons aujourd’hui des libraires.
A l’exemple des Romains, nous avons eu en France des hommes qui se sont dévoués à copier et débiter les différentes productions des auteurs, soit de l’antiquité, soit du siècle dans lequel ils ont vécu : ils formaient, dans les temps les plus reculés, une communauté ou corps composé de gens dont les fonctions étaient différentes. 11 réunissait les écrivains, les parcheininiers, les relieurs, les enlumineurs et les libraires.
Le parcheminier préparait les peaux sur lesquelles on écrivait ; l’écrivain qu’on appelait stationnaire, parce qu’il était comme en station dans des endroits fixes, copiait sur les peaux l’ouvrage que le libraire fournissait; le relieur mettait en volumes les feuilles coj.ié''s- l’enlumineur peignait, relevait d’or bruni, en un mot, décorait le volume, qui retournait alors chez le libraire pour être vendu au public.
Ce corps a toujours été dépendant de l’Université, et on les appelait les libraires jurés de l’Université, parce qu’ils prêtaient serinent entre les mains du recteur.
Il paraît que l’empereur Charlemagne, qui s’occupa principalement du progrès des sciences et de la renaissance des lettres, fut le premier qui associa la librairie à l’Université.
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II accorda à la librairie les mômes prérogatives, et depuis ce temps elle a joui des mêmes privilèges.
Tel était l’état de la librairie lorsque Charles Vil parvint au trône en 1422 ; l’imprimerie n’existait point encore. La naissance de cet art heureux, qui multiplie avec tant de facilité ce qui coûtait tant de soins, et employait tant de temps à copier, vint donner une nouvelle existence à la librairie. Ce fut vers le milieu du xv* siècle qu’on fit une découverte si précieuse, à peu près dans le môme temps où l’impression de la gravure sur cuivre fut connue. Les Romains n’avaient qu'un pas à faire pour en obtenir la gloire ; ils avaient connu l'art de graver sur bois ; et s’ils avaient su tirer des épreuves de leurs planches, il est vraisemblable qu’ils auraient transporté cette invention à l’impression des livres.
L’invention de l’imprimerie, sur l’époque de laquelle les savants sont divisés de quelques années, est due à un sieur Gultcnberg , issu d’une famille patricienne de la ville de Mayence. Guttenberg, peu de temps après celte époque, s’associa avec Faust de Mayence; mais l’un et l’autre n’avaient imprimé qu’avec des lettrés sculptées en relief sur bois; et dans ces commencements, l’impression était encore brute et imparfaite.
Une première idée en amène une autre, et souvent le génie, quoique créateur, semble n’avoir pas assez de force pour porter sa découverte ii sa perfection. Telle est la preuve de la faiblesse humaine. Les choses les plus utiles ne se perfectionnent que par degrés. Guttenberg a eu sans doute tout le mérite de l'invention. Il s’était associé avec Faust de Mayence; l’élève ou l’apprenti de Faust porta au dernier degré l’invention de Guttenberg : cet élève trouva le secret d’imprimer avec des lettres mobiles de fonte.
Voilà, Messieurs, ce qui constitue essentiellement l’origine de cet art admirable. Faustt associé de Guttenberg , reconnut combien cette nouvelle invention était précieuse; pour ne
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pas laisser sortir ce secret de su famille, il (U sou gendre de son apprenti. Pierre Scliœffer devint l'associé de Faust, et Gultenberg fut chargé de la société.
C’est ainsi que l’art s’est perfectionné : d’abord on s’est servi de tables gravées sur bois; mais la même planche ne pouvait être employée que pour imprimer une même page; et si l’on pouvait multiplier les copies, le temps qu’il fallait donner à sculpter et à graver chaque planche causait un retard immense. Les lettres mobiles de fonte sont par conséquent la seule base de l’imprimerie. C’est ainsi qu’on est parvenu par le secours de l’impression, non-seulement à multiplier rapidement les connaissances, mais encore à fixer et à transmettre la pensée des hommes. Tous les autres arts qui servent à perpétuer nos idées périssent sous les coups du temps. Les statues tombent en poussière, les édifices durent moins que les statues, les couleurs périssent encore plus tût que les édifices. L’art de la typographie donne un avantage inappréciable aux ouvrages des auteurs sur ceux des plus célèbres artistes : on peut multiplier leurs écrits, en tirer, en renouveler les exemplaires, sans que la copie cède en valeur aux originaux. L’imprimerie fera passer leurs noms et les fruits de leurs travaux jusqu’à la fin des siècles, et les chefs-d’œuvre de l’antiquité, après nous avoir servi de modèles, nous devront eux-mêmes leur immortalité.
Personne n’ignore comment l’art de l'imprimerie, concentré dans une seule famille , se répandit dans toute l’Europe. Le secret de l’invention fut dispersé par l’effet de la révolution qu’éprouva la ville de Mayence en 1462. Adolphe, comte de Nassau, surprit cette vdlc impériale et lui ôta tous ses privilèges. Les ouvriers de Faust cl de Scliœffer prirent la fuite, se dispersèrent et portèrent leur art dans les lieux et dans les pays où il était inconnu.
On vit aussitôt s’élever des imprimeries chez presque toutes les nations. La France ne fut pas la dernière à profiter
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de cette découverte; elle y fit des progrès rapides; mais cet art n’en fut pas moins regardé dans les commencements comme tenant du prodige et même du sortilège.
Un imprimeur allemand envoya à Paris, à peu près en 1470, différents exemplaires de la Bible. Ses facteurs auraient pu les vendre au moins cent écus, ils les donnèrent pour soixante; ce bon marché surprit. Les acheteurs ne se lassaient point d’admirer la parfaite conformité des exemplaires ; ils furent encore plus étonnés quand ils virent diminuer le prix de chaque exemplaire jusqu’à trente écus, et ne pouvant en démêler la cause, ils prétendirent qu’il y avait de la magic ; ils apprirent enfin que la Bible n’était point écrite, mais imprimée sans aucun sortilège et à peu de frais. Alors ils se pourvurent en justice, mais la Cour mit au néant toutes leurs demandes, et ils furent condamnés à payer le prix de leur acquisition.
Vous venez de voir, Messieurs, le commencement, les progrès et le parfait établissement de l’art de l’imprimerie ; voyons à présent les règlements que celte invention nouvelle a nécessités.
Avant l’invention de l’imprimerie, on ne pouvait se procurer des copies des ouvrages que par la voie des écrivains appelés stationnaires. Il existe encore un règlement de l’année 1323 à ce sujet. L’Université, dont les libraires jurés faisaient partie , ordonna qu’un stationnaire ne pourrait refuser l’exemplaire d’un ouvrage, même à celui qui voudrait en faire un autre exemplaire. Item nullus stationarius denegabit exemplaria, etiam volenti per illud aliud cxemplar fnctre.
Ce statut prouve que, même dès le xiv° siècle, la liberté de répandre des copies d’un ouvrage quelconque était indéfinie. Les libraires jurés , propriétaires des manuscrits , les vendaient plus ou moins, suivant l’importance de l’ouvrage, et lorsqu’ils se dessaisissaient de l'ouvrage, ils en tiraient un prix bien plus considérable; ils garantissaient même qu'il
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n’en avait point été tiré de copies. Il parait, par un contrat passé en 1332 par-devant notaires, que Geoffroy de Saint-Léger, l’un des clercs libraires de l’Université, confesse avoir vendu et transporté, sous l’hypothèque de tous ses biens, et garantie de son corps même, un livre intitulé : Spéculum hisioriale in comucludines parisienses, divisé et relié en quatre tomes, couvert de cuir rouge, à noble homme, messire Gérard de Montagu, avocat du roi au Parlement, moyennant la somme de quarante livres parisis, dont ledit libraire se tient pour content et bien payé. C’est ainsi que se faisait le commerce. Les libraires faisaient transcrire les manuscrits; ils en apportaient la copie aux députés des facultés des sciences dont l’ouvrage traitait, pour les revoir et approuver, avant de les exposer en vente et de les afficher.
La presse jouit du même avantage d’une liberté sans entraves. Chaque imprimeur mit au jour les livres dont il crut tirer plus de bénéfice : on commença par imprimer les livres saints; bientôt après on imprima les Pères de l’Église ; enfin on s’attacha surtout aux plus fameux auteurs de l’antiquité. La religion et les sciences en retirèrent un égal profit. On réunit à l’Université les nouveaux imprimeurs. Charles VIII, en 1488, confirma leurs privilèges. Le peuple avait regardé les exemplaires imprimés de la Bible comme tenant du sortilège; Louis XII, au contraire, envisagea l’imprimerie comme une invention divine. Dans la déclaration donnée à Blois, le 3 avril 1513, il s’explique ainsi : « Voulant, notredite fille, l’Université de Paris, et suppôts d’icelle, mesinement lesdits libraires, relieurs, enlumineurs et écrivains, qui sont les vrais suppôts et officiers élus par tout le corps de l’Université, être maintenus en leurs libertés, privilèges, franchises, exemptions et immunités.... pour la considération du grand bien qui est advenu en notre royaume, au moyen de l’art et science de l’impression, l’invention de laquelle semble être plus divine que humaine, laquelle, grûce à Dieu, a été inventée et trouvée de notre temps, par le
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moyen et industrie desdits libraires, par laquelle notre sainte foi catholique a été grandement augmentée et corroborée, justice mieux entendue et administrée, et le divin service plus honorablement et curieusement fait, dit et célébré; au moyen de quoi, tant de bonnes et salutaires doctrines ont été manifestées, communiquées et publiées à tout chacun : pour ces causes et autres, etc. »
Il est difficile de faire un éloge plus détaillé de l’imprimerie. Tous les rois, successeurs de Louis XII, ont pensé de même, et ont maintenu les libraires et imprimeurs dans les privilèges et immunités qui leur avaient été accordés dans l’origine.
Philippe VI, ou Philippe de Valois, par ses ordonnances du 31 décembre 1340 et 22 mai 1345 ; Charles V, par son ordonnance du 18 mars 1366; Charles VI, par la sienne de 1383, avaient confirmé les privilèges de l’Üniversité et des libraires jurés qui en avaient fait partie ; depuis l’invention de l’imprimerie, sous Charles VII, la même faveur produisit le même effet. Charles VIII, en 1494, et Louis XII, en 1516, avaient renouvelé leurs immunités et prérogatives. Les rois de France, depuis cette époque, ont toujours accordé la même faveur à un art aussi noble que nécessaire.
En voilà assez sur la protection que méritait une profession aussi utile. Ces grâces, ces exemptions, avaient pour but d’encourager, d’étendre, de perfectionner l’art de la typographie. Voyons ce qui a été fait pour la police particulière à laquelle ce corps devait, être assujetti. C’est dans ce code particulier à la librairie que nous devons chercher l’origine des privilèges ou permissions que les libraires et imprimeurs actuels sont obligés d’obtenir de l’autorité royale.
Nous partagerons le détail des règlements où nous allons entrer, en trois époques.
La première comprendra tout ce qui s’est passé depuis l’origine de l’imprimerie jusque vers la fin du règne de Henri II.
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La seconde embrassera les règlements intervenus jusqu’aux slaluts de 1618, sous Louis XIII.
Et la troisième comprendra l’exécution de cette loi nouvelle, et la manière dont elle a été modifiée, jusqu’au moment actuel.
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Les premiers essais de l’imprimerie se firent d’abord sur les livres saints, sur les Pères de l’Église; enfin sur les auteurs les plus estimés de la Grèce et de Rome. Les presses étaient uniquement occupées de ces manuscrits précieux, qui se trouvaient entre les mains de différentes personnes. Nous pourrions rapporter le catalogue des ouvrages anciens sur lesquels l’imprimerie s’est d’abord exercée. 11 était naturel que le même ouvrage s’imprimât en même temps en différents lieux. Mais l’avidité de se procurer les nouveaux livres imprimés empêcha alors la concurrence de causer aucun préjudice, et jusqu’à la fin du xv' siècle, le nombre des presses n’était pas assez considérable pour que cette concurrence devînt préjudiciable au nouveau commerce. Cependant les imprimeries se multipliaient. Les imprimeurs se rencontrèrent dans le choix des ouvrages. La contrefaçon prit naissance, pour ainsi dire, avec l’art lui-même. La concurrence des éditions, en multipliant les exemplaires, en fit tomber le débit. Les plus fameux imprimeurs se virent sur le point d’être accablés; plusieurs furent ruinés; et l’on n’osait plus, au commencement du xvr siècle, former une entreprise qui demandât des avances considérables.
Ce premier inconvénient exigeait un prompt remède, et pour prévenir l’anéantissement de la librairie, on fut obligé d’avoir recours à l’autorité royale ; on demanda au souverain le privilège d’imprimer tel ou tel ouvrage, et la défense à tous autres de l’imprimer.
Ce fut le savant Érasme qui paraît avoir le premier ima-
giné ce recours au prince. Il en donna l’idée en faveur de Jean Frôben dans une lettre datée de Bâle le 28 janvier 1522, adressée à Biiibardus Pirckheymer.
« A peine, dit-il, sort-il un ouvrage nouveau de l'imprimerie de Frôben, si le débit en paraît certain, celui-ci cl celuilà s’emparent d’un exemplaire, on contrefait l’édition et on le donne à plus bas prix. Cependant Frôben avance ses fonds et il se ruine. On préviendrait ce malheur si l’empereur voulait défendre de réimprimer ce qui a déjà été imprimé par Frôben, et le défendre pendant deux années. Ce terme est court, mais l’imprimerie de Frôben est digne de cette faveur :‘ il n’en sort rien de mauvais ou de séditieux. »
Vous voyez par cet extrait de la lettre d'Érasme que dans ces premiers temps on ne demandait an souverain que la défense de réimprimer ce qu'un autre avait déjà imprimé; car, comme nous l’avons dit, l’impression était entièrement libre.
Cette idée du savant Érasme fut adoptée; aussi voit-on que, lorsqu’il s’agissait d’un ouvrage dont l’impression exigeait de grosses avances, on s’adressait à tous les souverains. Il existe encore des livres anciens où l’on trouve des privilèges du pape, de l’empereur, du roi de France, du foi d’Espagne, et des autres princes de l’Europe.
Ces privilèges étaient limités, et devaient l'ètre, parce qu’ils donnaient à un seul le droit d’imprimer un manuscrit qui " était entre les mains de tout le monde. Cette dérogation au droit commun devait avoir un terme, et ce terme expiré, tout imprimeur pouvait mettre au jour l’ouvrage comme avant le privilège.
En France, les libraires prirent le parti de s’adresser au Roi ou à la Cour, et nous en trouvons un très-grand nombre d’exemples.
Pierre Viard, libraire, demanda par requête qu'il lui fût parais d'imprimer la nouvelle addition et ampliation de l’histoire de Gaguin, et défenses à tous autres pendant le
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temps qu'il plairait à la Cour, afin qu'il pût recouvrer ses frais et mises.
Arrêt du 22 mai 1521 qui lui permet d’imprimer ou faire imprimer Iculile histoire de Coquin avec ladite nouvelle addition, et fait défenses à tous autres libraires d'imprimer ledit livre jusqu'à deux ans après ensuivant la perfection de ladite impression, sur peine de confiscation et d’anïcnde.
François Ier accorda la même permission, et fit les mêmes défenses pour le Rosier historial de France. Ce privilège devait durer quatre années; il est du 23 mars 1522.
En 1523, pareil arrêt de la Cour du 3 février, au sujet de l’impression de la Chronique et histoire de Louis XI par Philippe de Commines. Le privilège fut accordé à Galiot Dupré pour deux années seulement.
Même privilège de deux années en 1 539 à Vuscosan pour l’édition de Paul Émile, sur les faits et gestes des Français, avec la chronique.
Lettres patentes du Hoi du 22 avril 1551 en faveur de Charlotte Guillard, avec le terme de six années pour le nouveau Testament.
Nous ne finirions pas si nous entreprenions de vous rapporter tous les exemples de pareils privilèges. Il suffit de vous dire que ces privilèges portaient un terme limité, qu’ils contenaient la défense à d’autres d'imprimer pendant la durée du privilège, et qu’ils ne concernaient que d’anciens manuscrits qui appartenaient en quelque sorte à tous ceux qui les possédaient ou qui les avaient acquis.
Cependant l’art de l’imprimerie prenait tous les jours de fiouveaux accroissements, et alors elle était beaucoup plus florissante dans la ville de Lyon que dans tout le reste du royaume. La situation favorable de celte ville y avait attiré une foule de négociants forcés de s’expatrier; ils y avaient établi leur domicile, l’esprit de négoce y dominait, et cet esprit influa sur le commerce de la librairie. 11 faut même avouer que les plus fameux imprimeurs de Lyon sont venus
depuis s'établir à Paris, et que la capitale leur doit peutêtre une partie de la gloire qu’elle s’est acquise dans la librairie.
Quoi qu’il en soit, la première ordonnance que l’on connaisse sur le fond môme de l’imprimerie depuis son invention, le premier règlement pour la police de cet art, ce . sont les lettres patentes de François I", de l’année 1541'. Elles sont rapportées tout au long dans le recueil des ordonnances royales avec les annotations de Rcbuffc.
Il s’était élevé des contestations entre les imprimeurs et les ouvriers de leurs imprimeries, « à la poursuite desquelles, dit l’ordonnance, lesdits maîtres ont fait telles dépenses, et lesdits compagnons d’autre côté se sont si bien débauchés, que ledit art d’imprimerie, à cause de ce, est entièrement cessé et discontinué en ladite ville, et quasi dilaté et transporté d’icelle en autres pays, desquels il avait été autrefois tiré, dont s’ensuit un trop grand intérêt, préjudice et dommage à ladite ville, et conséquemment à la chose publique de notre royaume. »
Ces considérations déterminèrent François I" à donner à l’imprimerie de Lyon le même règlement qu’il avait donné à l’imprimerie de Paris.
Nous n’avons aucune connaissance du règlement fait pour Lyon ; mais, comme il est dit dans ce règlement qu’il est copié mot à mot sur celui de la ville de Paris’, vous rendre compte de l’un , c’est vous donner connaissance de l'autre. Mais nous n’entrerons dans aucun détail à cet égard, parce que ces lettres patentes ne concernent que la police intérieure des maîtres envers les compagnons, et des compagnons envers les maîtres. Nous ajouterons seulement que les dispositions de ce règlement ont été renouvelées par l’édit de Charles IX du mois de mai 1571, dont nous parlerons dans la suite.