EME QUES
tendent à prouver qu’à côté de la propriété neurotoxique, il y aurait dans le sérum de l’épileptique une propriété hémolytique expliquant la violente hémolyse ‘qui accompagne l'attaque.
Il restait à appliquer l'hypothèse de Pauto-neurotoxine à la thérapeutique et au diagnostic de l’épilepsie, selon la méthode générale employée pour toutes les toxines.
Depuis longtemps, Ceni a essayé d’injecter à des animaux du sérum d'épileptique hypertoxique. Ces animaux succombent rapidement sans présenter aucun phénomène caractéristique de l’épilepsie. Le sérum de ces animaux (antisérum humain de Ceni) s’est toujours montré toxique pour les épileptiques. Il ne faut donc pas compter, à . l'heure actuelle, pour l'épilepsie, sur un sérum d'animal vacciné.
Cependant une autre tentative thérapeutique de Cent a eu un certain succès. Il a amélioré l'état de quelques épileptiques par des injections de sérum d’un autre épileptique. Ces résultats favorables, rares d’ailleurs, seraient dus à Ja présence, dans le sérum de ces épileptiques, d'un principe de défense antitoxique dont les effets sont hypotoxiques et curateurs.
Dès 1902 (Mémoire pour le prix Herpin, de Genève), Vires a cherché, dans la même voie, un procédé de diagnoslic. Il vaceine des lapins avec du sérum d’épileptique pour voir si le sérum des lapins ne présentera pas des propriétés hémolysantes où agglutinantes. Voici ses conclusions :
1° Le sérum sanguin de lapin vacciné avec du sérum d'épileptique, etmis en présence, in vitro, du sang d’épileptique, détermine tantôt l'agglutination des éléments de celui-ci, tantôt la dissolution et l'hémolyse de ces mêmes éléments.
2° Chez quelques épileptiques il n’y a ni agglutination, ni hémolyse….
En vaceinant des lapins avec le sérum du sang d’épileptique, on peut obtenir dans le sérum du lapin des propriétés agglutinantes et déformantes pour les globules rouges de l’épileptique et sans action sur l'homme sain.»
Ceni, de son côté (Rivisla di Freniatria, 1906, p. 459), a cherché une réaction précipitante et trouve que la « propriété précipilante du sang épileptique..…. n'est pas différente d'habitude, de celle du sérum humain et ne présente aucun rapport avec la gravité ou les phases de la maladie, ou avec le degré de toxicité du sérum...»
Nous sommes donc obligé de conclure que les tenta tives de vaccination d'animaux avec du sérum d'épileptique n'ontpas encore donné de résultats bien appréciables aussi bien pour le diagnostic que pour le traitement de l'épilepsie. |
‘Il reste vrai cependant que la spécificité toxique du sang de l’épileptique pour lépileptique et son action presque exclusive sur les centres neryeux, sont de très sérieux arguments en faveur de l'origine autoneurotoxique de l'épilepsie. Cette hypothèse qui cadre bien avee les données de l'heure actuelle sera le point de départ nécessaire des travaux à venir. ù
4 Parenté des substances neurotoæiques.
Après avoir étudié en détail l’origine et l’action des substances neurotoxiques, nous devons mettre en évidence les relations qui les unissent. Les investigations ont surtout porté sur la toxine tétanique, le venin des serpents, le sérum neurotoxique artificiel.
La toxine tétanique, poison électif des centres nerveux,
Dr. Aa est fixée par eux, d'après Wassermann et Takaki. Il en serait de même, d'après Centanni, pour le sérum neurotoxique artificiel. Cette fixation par le tissu nerveux n'a pas été confirmée pour toutes les substances neurotoxiques, en particulier pour le venin de serpents.
Une preuve plus importante de la parenté des substances étudiées se trouve dans l’action de l’antisérum des unes sur les autres.
Depuis longtemps on avait remarqué que le sérum antitétanique immunise contre le venin des serpents (Calmette). À priori ce phénomène paraît étrange. Courmont dans sa Pathologie générale le cite comme argument invoqué contre la spécificité par les partisans de l’action physiologique des sérums immunisants.
.[l nous a semblé que l’action comparable sur les centres nerveux de la toxine tétanique et du venin des serpents justifiait cette non-spécificité relative du sérum antitétanique. Des expériences plus haut rapportées, nous croyons pouvoir conclure que le sérum antitétanique etantivenimeux immunisent contre le sérum neurotoxique arlificiel.
Ainsi se trouve démontrée la parenté qui unit la toxine tétanique, le venin des sepents, le sérum neurotoxique artificiel ; leur action est la même et peut être arrêtée par le même antisérum. Dans le mème sens on pourrait pratiquer de nouvelles expériences. On sait que le venin des serpents est neutralisé par la cholestérine (Phisalix). N’en serait-il pas de même pour la toxine tétanique et la toxine épileptogène ?
Par des Imjections répétées de sérum d’épileptique il est difficile d'obtenir un antisérum curateur. Ne pourrat-on pas un jour tourner la difficulté et trouver dans le
or
groupe des substances neurotoxiques artificielles ou spontanées un antisérum actif ?
Il semble donc, d'après les quelques faits expérimentaux que nous rapportons, que la doctrine de la spécificité absolue des toxines s'éloigne de la vérité. Suivant leur achon élective pour un même tissu on peut grouper ces substances en familles dont les divers éléments possèdent des caractères spéciaux, mais aussi des caractères communs. De même qu'on peut grouper les {oxines par leur caractère électif pour un tissu, de même on peut grouper certains tissus par leur prédisposition à être lésés par une même toxine. Les résultats récemment acquis (Bierry, Petit et Sechæffer, Sc. Biol., 30 nov. 1907) ne démontrent-ils pas que le sérum néphrotoxique artificiel provoque aussi des lésions dans le foie?