The red Race of America
un morceau de lard, de la viande, du beurre et du fromage. Ils reculeraient tous d'horreur devant l'existence du Weyddah ou du Fuégien. Le vagabond transplanté demanderait qu'on lui rendît sa besace et ne rêverait qu au bonheur de la prison qu'il choisit pour ses quartiers d'hiver. Il tomberait dans le désespoir de ne pouvoir retrouver le débitant de whiskey, de gin ou d'eau-de-vie, qui lui donne à si bon compte le bonheur de l'ivrognerie.
Au point de vue moral (ch. III, § iv), déplorant le progrès de la propriété, M. Paul Làfargue dit : « On dut recourir à des châtiments corporels d'une férocité inouïe, qui étaient en Opposition formelle avec les coutumes et les sentiments des sauvages et des barbares... Ce sont les pères propriétaires qui ont inventé l'horrible qui bene amat, bene castigat. Le sauvage ne frappe pas son enfant. »
Quel sauvage ? Il est vrai que d'Orbigny raconte que les Yurucarès, dans l'Amérique méridionale, ne se permettent pas de réprimander leurs enfants ; mais quand ils les gênent, ils les tuent i.
Chez les Fuégiens, Byron voit un enfant renverser un panier de moules ; son père le prend par les pieds et lui brise la tête sur un rocher. Les Australiens, suivant M. Angas, pour appâter leurs engins de pêche, se serviraient de graisse d'enfants tués à ceteffet. Schweinfurth raconte que le roi des Monbottous, Mounya, faisait tuer, tous les matins, un enfant pour son déjeuner, par goût, car les ressources végétales et animales étaient abon- : dantes. Ce peuple gourmand ne fait pas commerce d'esclaves ; il préfère les manger.