‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 11 sur 149 · Elisée Reclus, t. XVIII, p · texte numérisé non relu

Elisée Reclus, t. XVIII, p

Dans toutes les civilisations primitives, la vie humaine n'est pas plus respectée que celle d'un papillon, seten l'expression de Gunningham. Les femmes des Australiens non seulement sont des bêtes de somme qu'on peut surcharger, battre, blesser à volonté, mais encore ce sont des animaux de boucherie. Oldfielddit qu" « on les dépêche avant qu'elles ne deviennent vieilles et maigres, de peur de laisser perdre tant de bonne nourriture». Cette malheureuse, du reste, mange au besoin la tête de son propre en tant, qu'on lui réserve si c'est lui qui est sacrifié *, A la Terre de Feu» Fitzroy, un jour de disette, vit des Fuégiens prendre un^ vieille femme, l'étouffer en lui mettant la tète dans ta fumée, h cuire à peu près et la manger. t< Pourquoi pas vos chiens ? observa Fitzroy. — Le chien prend la loutre, » répondirent ces gens pratiques.

Voilà « le sauvage qui ne frappe pas son enfant » et que M. Paul Lafargue, pastichant Rousseau, essaye de nous montrer comme un type séduisant. Il oublie qu'au moment où Rousseau inventait « son homme bon à l'état de nature » que « la civilisation avait corrompu », Cook et Bougainville le voyaient dans la Polynésie, même arrivé à un certain état de civilisation, comme ies Vitiens, se repaître de la chair de ses semblables. M. Paul Lafargue tient ces détails pour négligeables, et il déclare avec horreur que « la propriété est toujours féroce et sanguinaire ». M. Paul Lafargue, en sa qualité d'animiste, la traite comme une personnalité. Soit. Il me semble qu'il est impossible à cette entité de l'être plus que ces communistes. Si M. Paul Lafargue a ja-

Page 1