PROPRIÉTÉ COMMUNE DES RIENS MOBILIERS
Diable lui-même avait son champ en Ecosse; et comme iî fallait élre poli avec le démon, on le nommait \a terre du bonhomme [gude man's land) ; on Je laissait inculte. L'État athénien louait ses terres communes, et une partie des revenus qu'il en retirait était attribuée à l'entretien des prostituées sacrées, à l'usage gratuit des «apatrides.
Les deux tiers environ des terres arables du Pérou demeuraient propriété commune et appartenaient au Soleil et aux Incas. Les habitants, avant de labourer et d'ensemencer les champs qu'ils recevaient en partage tous les ans, cultivaient en commun les terres du Soleil, dont les récoltes , après avoir servi au culte, étaient distribuées entre totis. Le travail en commun avait l'attrait d'une réjouissance sociale : au point du jour, du haut d'une tour ou d'une éminence on convoquait toute la population ; les hommes avec les femmes et les enfants accouraient en habits de fête et parés de leurs ornements les plus beaux. La foule se mettait a l'ouvrage, ebantant en chœur des hymnes qd célébraient les hauts faits des Incas; toute la besogne s'exécutait avec cet entrain joyeux, qui a toujours présidé au travail en commun dans tes sociétés communistes des sauvages et des barbares.
Propriété commune des biens mobiliers.
On sait positivement aujourd'hui que la terre et ses produits (récoltes, poisson et gibier) ont d abord été propriété commune dans le sein de la tribu et de la P. Lafaugub, — Étude* ât
gens, et que même les premiers biens mobiliers, très peu nombreux chez les sauvages (armes, bateaux, instruments de pêche, ustensiles de ménage des plus çimples, etc.), ont d abord été considérés comme des biens communs.
Ce communisme se maintint alors même que les biens mobiliers (troupeaux, esclaves, bijoux, métaux précieux, etc.) se multipliaient dans le sein des tribus barbares. Cependant ces biens mobiliers, qui pendant des milliers d'années seront le fléau de l'humanité, se prêtant à l'accumulation personnelle et au commerce, vont organiser la iformidable révolution qui dépossédera la femme de sa haute position sociale et poussera l'homme inconscient et impuissant à dresser sur les ruines du communisme primitif et du collectivisme consanguin la néfaste propriété privée.
Tant que l'agriculture et l'industrie restaient rudimentaires, il n'y avait pas de place pour l'esclave dans les organisations communistes primitives : le prisonnier de guerre était mis à mort ou adopté par la gens si celle-ci voyait ses guerriers diminuer. La culture des terres, les progrès de l'industrie et la domestication des animaux introduisirent l'esclavage : il y avait alors un intérêt économique à conserver le prisonnier, et même à s'en procurer, pour les occuper à différents genres de travaux. La guerre, qui ne s'était faite entre les tribus que pour la conquête ou la défense de territoires de chasse, devient, avec l'accroissement des biens mobiliers, un moyen d'obtenir des récoltes, des troupeaux, des esclaves et des métaux précieux. Le barbare guerrier et chasseur abhorre le travail : arvant de se courber aux pénibles travaux de l'agriculture, il con-