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CHAPITRE III

La propriété et le progrès.

I. — Tout c obi m uni s te primitif a un mini oi uni de propriété" routière. — Loi physique, — Support indispensable. — Eu quoi u consista le progrès .

II. — La trique du gorille* — Le droit du premier occupant — I/o ccu pal ion est un travail. — La propriété est une, — Son objet seul Tarie. — Caractère du progrès humain au point de vue de la propriété, — Question.

Ce Fuégien, cet Australien, que vous nous représentez comme un communiste, est un propriétaire foncier. Il a ronstamment une propriété parfaitement déterminée, qu'il défendra si un, intrus veut la lui prendre; et si, plus faible t il en est chassé, il la reconstituera immédiatement. Il lui est aussi impossible de s'en passer qu'il est impossible à une pierre jetée par la fenêtre de ne pas tomber, à terre.

Cette propriété est constituée aussi par la loi de la ptsanteur, car il faut à tout être un support : ce support, cesl le sob

Ce sol qu il couvre de ses deux pieds s'il est debout, ou de la longueur de son corps, s'il est couché, il en a,

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ce prétendu communiste, la propriété: car cet espace ne peut contenir à la fois plusieurs occupants amalgamés.

Il a une conscience si complète de cette, propriété, que si l'un de ses compagnons essayait de la lui enlever, il le repousserait au nom du droit du premier occupant.

De ce fait nous pouvons conclure que tout communiste anarchiste a un minimum de propriété foncière.

Et alors je pose cette question aux communistes et socialistes :

— Le progrès a-t-il consisté à supprimer, réduire ce minimum de propriété, ou, au contraire, à le mettre à l'abri de toute entreprise violente, à le consolider et à l'agrandir ?

Nous avons constaté qu'il y avait encore une propriété plus intime : celle de l'aliment. Une fois absorbé, il ne fait plus qu'un avec son propriétaire. M. Lafargue et les communistes semblent avoir fait une découverte qui aurait échappé jusqu'ici aux observateurs, en constatant que la première propriété que l'homme ait comprise est celle d'objets mobiliers, depuis la trique du gorille jusqu'à la lance, la hache de pierre, l'ornement. Pourquoi? Sur sa trique, le gorille, l'anthropoïde, l'homme primitif fait acte de premier occupant, ni plus ni moins que quand il plante ses pieds sur quelques centimètres de terrain.

Qu'il la prenne, qu'illa façonne, la perfectionne, il accomplit une suite d'actes personnels, que les économistes ont décrits depuis longtemps, puisqu'ils les connaissaient par les récits des voyageurs du xvme siècle.

Quand M. Paul Lafargue conclut que la propriété vient du travail, il ignore qu'il ne fait que les répéter* Si on appelle travail l'acte de prise de possession d'un objet quelconque, cette affirmation est exacte. Nul ne devient premier occupant sans faire un effort, ne fît-il qu'un geste. C'est ce geste qui est la base du droit de propriété; et ce droit est un.

Une des profondes erreurs des légistes qu'adoptent les socialistes, comme pour prouver une fois de plus le caractère régressif de leurs doctrines et de leurs prétentions, c'est d'avoir voulu diviser ce droit par des distinctions subtiles.

La distinction entre la propriété immobilière et la propriété mobilière ne porte pas au fond sur le droit de propriété : elle ne porte que sur la forme.

La propriété est une : son objet seul varie. Toute la question se résume donc en ceci : au fur et à mesure que l'individu avance en évolution, le droit de propriété, quel qu'en soit l'objet, disparaît-il ou s'afïirmet-il et s'étend-il ?

Y a-t-il actuellement moins que dans le passé, d'objets auxquels s'applique ce droit de propriété, ou y ena-t-il davantage? En môme temps que la nature du problème, un seul exemple indiquera sa solution : la propriété intellectuelle et industrielle.

Je demande à M. Lafargue si, au fur et à mesure que l'individu avance en évolution, il renonce à son droit personnel à l'égard des objets sur lesquels il a jeté son dévolu.

— Prenez garde, Monsieur Lafargue : si vous me répondez: oui, je confisque votre manuscrit au lieu d'y répondre. Protesterez-vous ?

Si, au contraire, l'homme, au fur et à mesure qu'il passe des sociétés du communisme primitif aux civilisations les plus développées, agrandit, consolide , fortifie, étend, en intensité et en étendue, ce droit en raison de la conscience plus nette de sa personnalité, c'est la preuve que le progrès, bien loin de tendre vers un retour au communisme primitif, s'affirme par le développement de la propriété. •

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