LA LEGENDE DE LA REVOLUTION DE 1789 44S
l'Anjou, du Poitou, de la Vendre, de lu, Bretagne et de l'Alsace1.
Les émigrés, quand ils rentrèrent dans les « fourgons de l'étranger », reprirent possession de leurs terres invendues, débarrassées des charges féodales qui les grevaient et se firent payer par l'État au delà de leur valeur celles qui avaient été vendues a. La Révolution nTa pas arraché la terre de France des griffes des aristocrates; cette œuvre est accomplie tous les jours par les financiers, les industriels et les commerçants, qui sont en train de 1 accaparer, La propriété foncière, qui se centralise par l'expropriation constante des petits cultivateurs , n'entretient dans le luxe le plus scandaleux que de grossiers et d'imbéciles parasites, qui n'ont m les vertus guerrières des barons féodaux, ni l'elegance et la politesse des courtisans de Versailles.
Sur les 49,388,304 hectares soumis à l'impôt foncier,
i, Ou ne peut exagérer l'importance delà vainc pâture, quand od lit ce qu'eu dit un agronome de l'époque: n Elle est uae res- KntrCd précieuse pour une Infinité de petits propriétaires, qui, étant hors d'état de nourrir des bestiaux avec le produit de leurs terres, les nourrissent bien en les faisant pâturer pendant six àst^pt mois sur les terres eu jachère de toute la Cuminime. Il n'y a point de villages ou chaque habitant, même dépourvu de propriété foncière, n'ait une ou deux vaches, cmt[ à sis brebis cl quelquefois un cheval. Avec ces bestiaux ils ont du lait, du beurre et du fromage, dont ils se nourrissent, et ils ont de la laine pour se faire des bas, des bonnets et des étoffes commuées; le fumier, s'ils ne remploient eux-mêmes, faute de terres a cultiver, ils le vendent, et pendant tout l'hiver ils ont seulement à acheter des fourrEigca secs avec Forgent économisé sur le salaire qu'ïJs fout toute Tannée. * {G. Desghkhis, Mémoire -m? ta vaine pâture H les jachères, tome V des Mémoires publiés* parla. Société d'agriculture du département de laSeiue ; an XL}
2. I/exposé des motifs de la loi sur l'indemnité d'un milliard proposée le 3 janvier 1823 par M. de Martignac, estime exactement à PS7,8l.9,9û8 francs la valeur totale des biens nobles vendus*
qui représentent la partie utilisable et productive du territoire de la France, 2,574,589 hectares sont possédés par 5,091,097 propriétaires, soit en moyenne un demihectare par cultivateur; tandis que 8,017,542 hectares sont monopolisés par 10,482 nobles embourgeoisés et bourgeois emmillionnés, soit en moyenne 764 hectares par parasite. La même Assemblée qui, en 1871, démembra la France deTAlsace-Lorraine, livra 33,000 hectares aux princes d'Orléans. — D après un dire digne de foi, la famille Rothschild détient plus de 200,000 hectares1.
1. Le tableau suivant donne la distribution approximative de la propriété foncière ; il est établi d'après le classement officiel des cotes foncières de 1884.