‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 132 sur 149 · TRÈS GRANDE PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

TRÈS GRANDE PROPRIÉTÉ

De 100 à 200 hectares

Au-dessus de 200 hectares.

Totaux

LA LÉGENDE DE LA RÉVOLUTION DE 17S9 kM

Les lambeaux du territoire national laissés aux: paysans sont insuffisants pour leur procurer des moyens d'existence, mais ils les enchaînent aux champs et permettent aux propriétaires capitalistes d'avoir toujours â leur disposition des journaliers pour cultiver leurs biens. Avant la Révolution, pour se procurer des travailleurs aux époques des moissons et dans le courant de l'année, les propriétaires étaient obligés, dans un grand nombre de provinces, de les établir sur leurs domaines, dans des maisonnettes auxquelles étaient annexés des champs de un a deux hectares \ on nommait wanouvreries ces petites fermes, concédées aux laboureurs, en échange d'un certain nombre de journées de travail1» Les lopins de terre des paysans modernes jouent le rôle des manouvrerïes du siècle dernier, avec celle différence que les paysans doivent les payer de leurs deniers.

Les terres centralisées sont données en fermage ou

t* Pour s'assurer des journaliers on mttntïttiiriw** connue on les nommait, les propriétaires fonciers étaient obligea de J es établir sur leurs terres. L'usage eu était si général, même après la Révolution, que, il an a ?*ou Mémoire sur l'art de perfrrtionnpr let cùnttrwtîons rurafft. Perthuis donne le plan d+uue de ces habitation*} de paysans, composée d'une chambre communiquant dTun coll avec Tétanie, de l'autre avec une petite laiterie; et d1uu cabinet pour y mettre en état de vente les produits de sa petite culture (lin, chanvre, etc.) ou pour y exercer son métier, » On attache ordinairement aux manuaureries une culture de 2 arpents métriques {environ un beeUrc 2j ares), dans Uetjuels remplacement de I êl maison et de aea dépendances occupe un demiarpent» Lus manouvriers n'estimaient pas les manouvrerïes données sans terres.,. Deux vaches et quelquefois uu élève comptent tout le troupeau du manouvrier ; il lui e^t fourni par sou propriétaire h titre de cheptel mort, * ,; Mémoire publié dans le lom. Vil de la Société d'agriculture du département de la Seine; an \\\h)

cultivées, pour des sociétés financières, par des agronomes au courant des progrès de la science et de la technique agricole, mais une partie des terres monopolisées par les parasites sont transformées pour leur amusement en territoires de chasse, d'où les faisans et les lièvres chassent les paysans.

La Révolution, au lieu de mettre la propriété à la portée du paysan, l'en éloigne au contraire par la hausse constante qu'elle a imprimée au prix de la terre et au taux de la rente foncière des parasites.

Prix moyen de l'hectare 400 fr. 600 fr. i,000fr. i,800fr.

Rente foncière par hectare... 12 fr. 18 fr. 30 fr. 54 fr.

Les chiffres de 1789 sont fournis par Forbonnaiset Lavoisier ; ceux de 1815 et 1859 parL. de Lavergne, et ceux de 1884 sont établis d'après l'évaluation du fisc, qui estime l'hectare au prix moyen de 1,800 francs; et on reste au-dessous de la vérité si on porte aujourd'hui ce prix moyen à 2,000 francs, et la rente foncière à 60 francs par hectare ; c'est à 3 0/0 que Lavergne calcule le taux de la rente foncière *.

La propriété rurale, dans l'espace d'un siècle, a plus que quintuplé de valeur vénale. Cette énorme exagération du prix de la terre est la principale, sinon l'unique cause de la crise permanente de l'agriculture. Le paysan ne peut plus acheter la terre sans emprunter, sans se mettre, pour la vie durant, dans les mains de l'usurier: il n'est alors qu'un propriétaire nominal; ce n'est pas lui qui possède son champ, c'est le banquier;

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