‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 134 sur 149 · LA LÉGENDE DE LA RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE LA RÉVOLUTION DE

des services et des redevances ; et il a trouvé que l'hectare des raanses libres payait une rente de 6f,13 en corvées et de 10f,62 en produits, et que l'hectare des manses serviles acquittait une rente de 15f,34 en corvées et de 6f,46 centimes en produits. Les cultivateurs de l'abbaye s'élevaient au chiffre considérable de 10,026, la plupart Germains d'origine, à en juger par leurs noms. Les conditions faites aux paysans de l'abbaye, vu le nombre des cultivateurs, devaient être, à peu de chose près, la règle générale. — Quel est le fermier de nos jours qui ne consentirait à échanger son propriétaire capitaliste contre les moines du ixe siècle, pour occuper une terre au prix de 2lf,80 l'hectare, payés non en argent, mais en journées de prestations et en produits i ?

La révolution de 1789, qui n'aurait pu s'accomplir sans le concours actifet passif des paysans, trompa toutes leurs espérances : elle paracheva l'oeuvre spoliatrice de l'aristocratie; elle les dépouilla, sans compensation, de leurs droits et de leurs biens communaux, qui depuis des siècles subissaient les assauts de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie ; elle libéra la propriété foncière des servitudes qui la rattachaient au communisme primitif de la gens, et elle intronisa la propriété privée avec son droit absolu d'wser et d'abuser.

Les paysans, pour reconquérir leurs droits supprimés et leurs biens dérobés par les seigneurs, se lancèrent dans la tourmente révolutionnaire au premier appel dès états généraux : avec une joie frénétique et au

1. Polyptique de l'abbé Irminon, ou dénombrement des manses, des serfs et des revenus de l'abbaye de Saint- Germain des Prés, sous lé règne de Charlemagne, publiée par GiJérard en. 1844.

grand ahurissement et mécontentement des révolutionnaires bourgeois, ils flambèrent les châteaux et les parchemins féodaux ; mais des griffes acérées des aristocrates, ils tombèrent dans les mains crochues des capitalistes.

Les paysans ont été dupés par les révolutionnaires bourgeois, comme les volontaires de la République ont été volés par les spéculateurs territoriaux du milliard des biens des émigrés qu'on leur avait promis, comme les Jacques avaient été trahis par Etienne Marcel, le héros bourgeois. Mais, battus et jamais vaincus, ils se rallient aujourd'hui au rouge drapeau du socialisme pour recommencer la révolution sociale qui expropriera les expropriateurs et qui réparera les crimes de la Révolution de 1789.

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