‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 141 sur 149 · LE COLLECTIVISME CAPITALISTE S · texte numérisé non relu

LE COLLECTIVISME CAPITALISTE S

gigantesques rapines; avec ses grands seigneurs qui, à peine décrassés, dépassent en folles prodigalités le luxe des ducs et des rois féodaux; avec ses aventuriers qui dilapident la fortune sociale en des entreprises impossibles, mal conçues et mal administrées,.,, la finance avec ses macabres beautés est la fleur monstrueuse de la civilisation capitaliste.

Le collectivisme capitaliste- La production industrielle, l'agriculture, le commerce et la finance capitalistes n'ont pu naître et se développer qu'en détruisant le caractère essentiel de la propriété privée, 'qu'en transformant celle -ci de propriété personnelle en propriété impersonnelle, qu'en établissant le collectivisme capitaliste, qui, au lieu de dériver du communisme, comme le collectivisme primitif, prépure au contraire les voies au communisme,

On a vu précédemment que ta propriété privée ne fait et ne peut faire son apparition au sein du communisme primitif que sous une forme essentiellement per^ sonne-Ile : l'objet possédé doit être fabriqué par son possesseur, qui doit, par un usage constant, l'annexer, pour ainsi dire, à sa personne ; alors, dans le sens le plus littéral du mot, la propriété est le fruit du travail. Les armes, les ornements, les vêtements, les ustensiles de ménage, sont les premiers objets qui parviennent à la qualité de propriété privée ; la maison étant construite par son propriétaire acquiert aussi ce caractère, qu'elle

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communique au sol sur lequel elle s'élève et à la bande de terre qui l'entoure. La guerre étend cette qualité à des objets qui,' bien que non fabriqués par leur possesseur, sont conquis à la guerre au risque et au péril de sa personne ; ils forment le peculium castrense des membres de la famille romaine. Les biens privés étaient tellement personnels qu'on les brûlait avec le cadavre de leur propriétaire.

Ce caractère personnel qui a introduit la propriété privée dans les tribus communistes et qui lui sert de support dans le cours de son évolution séculaire, a tellement imprégné le cerveau humain que, par une fiction sociale, on considère aujourd'hui la propriété privée comme le fruit du travail de son possesseur, et que les défenseurs de la propriété capitaliste lui attribuent de bonne foi, peut-être I le caractère personnel *. Et ce-

1. Le pape, qui pense que continuer, dans ce siècle positif, à enseigner les mystères de la religion catholique, c'est perdre son temps, s'est enrôlé parmi les champions de la propriété capitaliste; il la défend comme le plus vulgaire des économistes. « La propriété privée est pleinement conforme à la nature, dit-il... Que fait l'homme en consumant les ressources de son esprit et les forces de son corps pour se procurer les biens de la nature? 11 s'applique pour ainsi dire à lui-même la portion de la nature corporelle qu'il cultive, et y laisse une certaine empreinte de sa personne, au point qu'en toute justice ce bien sera possédé dorénavant comme sien... La force de ces raisonnements est d'une évidence telle qu'il est permis de s'étonner comment certains tenants d'opinions surannées peuvent encore y contredire, en accordant sans doute à l'homme privé l'usage du sol et les fruits des champs, mais en lui refusant le droit de posséder eu qualité de propriétaire ce sol où il a bâti, cette portion de terre qu'il a cultivée. Ils ne voient donc pas qu'ils dépouillent par M cet homme du fruit de son labeur. » (Encyclique De conditione opificum.) Léon X11I ne voit pas que sa critique des théories communistes, qu'il ignore, est une condamnation delà propriOb: capitaliste, qu'il prétend défendre.

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