LE COMMUN ISME EN RETOUR
automate, qui le courbe sous l'abrutissant niveau du sur travail, de la pauvreté économique et de la misère physiologique, est destinée à lui redonner les loisirs des temps primitifs, à lui faire échanger la vie de bête de somme des prolétaires de la civilisation contre la vie d'homme libre que mènent les sauvages et les barbares des tribus communistes.
La femme et l'homme, déprimés, mutilés physiquement ei intellectuellement dans la civilisation capitaliste; rivés au travail qui se monotonise à mesure qu'il s'avilit; enserrés, comprimés dans une profession, dans un métier, comme le pied de la Chinoise dans son sabot de porcelaine; stultifiés par les préjugés de classe, ligotés par les préceptes de la morale propriétaire et de la morale sexuelle, ne pourront développer harmoniquement leurs muscles et leurs cerveaux, équilibrer leurs passions, redevenir des êtres, libres et complets comme l'étaient les sauvages, que dans la société communiste que fera éelore le inonde capitaliste. Maïs ils seront d'une complexité autrement délicate, A la dégradante égalité du surtravail et de la misère civilisée succédera l'inégalité des qualités naturelles, trouvant à leur disposition tous les moyens de développement : inégalité dont n'a nul souci la civilisation capitaliste, et qui cependant est la condition indispensable du perfectionnement de l'espèce, qui ne progresse que par îa dirTérentiation des individus, que par la création et la fixation des variétés.
La civilisation capitaliste, qui ébauche le moule économique du communîsne, introduit aussi dans le domaine politique et social les insiitutions et les mœurs du communisme.
Le suffrage universel, que les sauvages, hommes et femmes, emploient pour le choix de leurs sachems ei chefs militaires, après avoir été supprimé, est rétabli, restreint à un sexe, il est vrait par les bourgeois qui le proclament Tunique source des pouvoirs publics, li présuppose, au moins fictivement, Fégalilc el )a liberté des citoyens, qui existaient réellement au sein du communisme primitif.
Les habitations des tribus communistes étaient communes, les repas étaient communs, les enfants étaicnl élevés en commun. Les en Tant s des écoles communales sont instruits en commun aux frais de la commune; ils sont également nourris en commun, aux frais ik la commune» dans les municipalités socialistes. Les civilisés sont empoisonnés et volés en commun dans les restaurants, et mcasernés en commun dans les maisons à six et sept étages des grandes villes.
Si jusqu'ici le suffrage universel n'a été qu'une duperie, si les maisons sont des serres d'étiolement et des foyers de fièvre, si les autres institutions à forme communiste sont à rebours, c'est-à-dire tournées contre ceux qui sont obligés de les subir, c^est que ces institutions ne s'introduisent dans la société bourgeoise que pour profiter aux capitalistes; mais, malgré toutes leurs imperfections et tous leurs désagréments, elles usent et effacent les sentiments individualistes des civilisés et les façonnent aux habitudes et aux mœurs du communisme.
Le capital est sans patrie ; il se précipite partout ou le profit l'appelle; il exploite les producteurs sans distinction de race et de nationalité ; il les relie, les mêle et les confond avec ses entreprises industrielles, conv-