CHAPITRE PREMIER
Troubadourisme collectiviste.
L'idylle féodale. — Les droits du seigneur. — Pauvres seigneurs. Le devoir et le lucre.
Après noua avoir vanté les charmes du communisme primitif, M. Paul Lafargue consacre une partie de son étude au régime féodal. En apologiste du passé, en contempteur du présent, M. Paul Lafargue nous fait l'idylle des populations de la Gaule et de la Germanie; tout était bien à l'origine ; tout se corrompit, pour aboutir à l'abominable révolution de 1789. M. Lafargue préfère à notre système économique actuel les droits féodaux, la corvée, les bans de moissons, les banalités, la dîme payée en nature, sans compter les autres droits du seigneur (ch. IV, § îv). Il est tout prêt à plaindre le baron de « ses devoirs nombreux et onéreux enversses serfs, ses tenanciers et ses vassaux » (ch. IV, § i)t et il déclare que « le devoir alors, comme le lucre aujourd'hui, était l'âme de la société » (ch. IV, § i). Cette
phrase appartient à l'histoire troubadour qui fleurit vers 1820 et fournit tant de dessus de pendules.
Puisque M. Lafargue essaye de persuader à ses lecteurs que, si le régime féodal ne vaut pas le communisme primitif, il est cependant de beaucoup supérieur à l'organisation économique de la civilisation actuelle, je suis obligé, après tant d'autres, d'en rappeler le caractère , afin de mettre les faits en regard de sa thèse.