‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 36 sur 149 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les origines du régime féodal.

La gens gauloise semblable à la tjetis romaine. — L'aristocratie gallo-romaine. — ilinorité des hommes libres. — Fusion des Barbares avec les Gallo-Romains* — Les Barbares n'ont apporté que le wergeld. — Pâture commune et justice privée. — Le vasselage existait cm-z le-* Gallo- Romains. — Les bénéfices pour les vétérans. — Les alleux. — La recommandation. — La vassalité et Churlemagne. — Co illusion d'attributions.

Quand les Romains envahirent la Gaule, ils trouvèrent des gentes, des tribus et des confédérations de tribus analogues à celles d'où était sortie leur cité. Ils exploitèrent les rivalités, les haines et les ambitions de ces divers groupes, de manière à les faire se détruire les uns par les autres; et ils y réussirent si bien qu'il leur suffisait de trois mille soldats pour garder quelques millions de Gaulois, comme il suffît aux Anglais île 55,000 hommes pour garder 300 millions d'Indiens,

Des nobles gaulois, les uns disparurent, les autres *e grandirent en s'humilîanl sous l'appui de Rome; et ceux-ci formèrent l'aristocratie gallo-romaine.

M- Guérard, recherchant ce que la civilisation doit « aux conquérants de l'empire d'Occident, dit qu'on est

bien en peine de trouver quelque bien dont on puisse leur faire honneur » * î

Ils y viennent affamés d'exploiter ses richesses. Ce qu'ils y apportent, comme institution contrastant le* plus vivement avec la civilisation romaine , c'est leur manière de comprendre la justice. Tandis qu'à travers les siècles, le droit romain avait dégagé cette idée que la justice était un bien commun et indivis, ils en faisaient une propriété de famille qui se vendait et s'achetait d'après un tarif, le wergeld, « l'argent de l'homme. »

La pâture était commune, et la justice privée. Ils apportèrent aussi la coutume barbare du duel judiciaire et des épreuves.

A l'époque de Constantin, d'après Eumène, la population libre de la Gaule ne devait pas dépasser un million : tout le reste se composait d'esclaves ou de colons attachés à la glèbe.

Si les Wisigoths et les Bourguignons partagèrent les terres et les esclaves, les Francs se déclarèrent serviteurs de l'Empire et fusionnèrent avec l'aristocratie gallo-romaine.

Au point de vue de la condition des personnes, ils n'apportèrent point l'innovation du vasselage, du dévouement de l'homme à l'homme, comme on le répète. C'étaient choses existantes. Le grand propriétaire gallo-romain était resté à la tête de ses esclaves et de ses colons, qui deviendront les serfs et les vilains de la féodalité. Il y avait aussi les vétérans qui avaient reçu de l'Empire des domaines pour y fonder des familles militaires sous le nom de bénéfices : ces béné-

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