‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 58 sur 149 · JÎGO.OOO · texte numérisé non relu

JÎGO.OOO

Ditfïrence en moins : 148.000.

Diminution : 23 0/0.

Métayers ou colons également propriétaires ; 1862 1882

Différence en moi us : 56,000.

Diminution : 2a 0/0.

Journaliers également propriétaires :

Différence en moins : 407.000.

Diminution : 36 0/0.

SUR L'ORIGLNE DE LA PROPRIÉTÉ m

Troisième catégorie. — Cultiva leurs non propriétaires : fermiers.

Différence en plus : 81.500; augmentation : 18 0/0,

Métayers ou colons ;

Différence en moins : 7.000; diminution : 3,5 0/0.

Journaliers :

Différence en moins : H ti. 000; diminution : 13 0/0.

Si nous comparons ces chiffres, nous obtenons les résultats suivants :

Augmentation.

Propriétaires cultivanteux-mémes leurs terres, 338.000 Fermiers non propriétaires 82.000

Total iks augmentations. 9 , . 420.000

Diminution,

Fermiers en même temps propriétaires. ,.,..* 148.000

Métayers etcolons en même temps propriétaires, 36 .000

Métayers non propriétaires.. .-. T.OOO

Journaliers propriétaires 401.000

Journaliers non propriétaires i 10.000

Total des diminutions 134.000

Diminution 734.000

Augmentation . . . 420.000

Différence..- 314.000

Nous avons deux augmentations : Tune, celle des propriétaires cultivant eux-mêmes leurs terres; l'autre, celle des fermiers non propriétaires.

La première est tellement frappante, qu'elle excède de 344.000 la diminution du nombre des fermiers et métayers cultivant en même temps leurs terres : ce sont ces petits fermiers et ces petits métayers qui, ayant pu arrondir leurs terres, sont arrivés à posséder une propriété d'un rapport suffisant pour les occuper exclusivement. Ils ont abandonné, à moins qu'ils ne l'aient acquise, la portion de terre qu'ils avaient en location.

D'autres réalisent leurs propriétés et, avec les ressources qu'ils en retirent, louent une terre plus importante.

Un petit propriétaire de quelques ares ou quelques hectares, sur lesquels il ne pourrait élever sa famille, a l'esprit entreprenant. Il réalise cette petite propriété et emploie la somme qu'il en retire à « se monter » dans une exploitation agricole qu'il prend à bail. Ce petit propriétaire devient fermier.

Le système d'exploitation varie d'après le mode des cultures. Dans la Gironde, par exemple, les terres prises à ferme ne sont qu'au nombre de 1.267, ne re présentant que 16.517 hectares, tandis que dans Eureet-Loir elles sont au nombre de 14.172, représentant 346.000 hectares; dans la Manche, au nombre de 24.000, représentant 269.000 hectares; dans Ille-et- Vilaine, au nombre de 37.700, représentant 282.000 hectares ; dans la Seine-Inférieure , au nombre de 27.000, représentant 321.000 hectares.

Les propriétaires et fermiers absorbent les 204.000

SUR 1/QRtGrNE DE LA PROPRIÉTÉ 195

fermiers et métayers en même temps propriétaires et les 7.000 métayers en même temps propriétaires, soit 211.000

Reste donc sur 420.000, chiffre total de l'augmentation, une différence de 209.000

Cette différence doit être prise sur la diminution de 407.000

des journaliers propriétaires.

Restent donc 198.000

qui, joints aux journaliers non propriétaires

disparus 116.000

nous donnent le total des diminutions 314.000

La diminution a donc porté sur le prolétariat agricole et non sur la propriété ou l'entreprise agricoles. Tous ceux qui connaissent la campagne savent que beaucoup d'ouvriers agricoles cherchent à quitter la houe pour des emplois de l'État : facteurs, cantonniers ; d'autres prennent un état : charpentiers, menuisiers, charrons, maréchaux ferrants. Beaucoup ont pour ambition, au sortir du service militaire, d'entrer dans les chemins de fer. La mine est une puissante attraction pour les ouvriers agricoles : dans ces dernières années, elle en a pris jusqu'à 10.000 par an, et elle ne les rend jamais, —ce qui, entre parenthèses, prouverait qu'elle n'est pas aussi terrible que le supposent les imaginations de ceux qui ne l'ont jamais visitée.

338,000 personnes, presque toutes chefs de famille, >nt acquis en vingt ans de nouvelles propriétés, soit (>rèâ de 16,000 par an ; et dans cette période sont compris les années 1870 et 1871 et les désastres du phylloxéra.

■ItfgHft

11 y a une trentaine d'années» un personnage de Es Cagnotte, au Palais-Royal, s'écriait, dans tous les moments pathétiques: « L'agriculture manque de brasi s Que dirait -il aujourd'hui en constatant que 314,000 journaliers ont abandonné l'exploitation agricole? Ces journaliers n'ont point attendu les conseils des socialistes pour changer de profession et en chercher de puis avantageuses à leurs points de vue respectifs, qui* quelquefois, peuvent avoir été erronés.

Cette émigration de journaliers a eu une conséquence : une diminution de la main-d'œuvre et, par conséquent, une augmentation des salaires.

Nous arrivons à cette conclusion : il y a augmentation des propriétaires et diminution des simples salariés.

Mais le chiffre des cultivateurs propriétaires indiqué ci-dessus est inférieur au chiffre réel ; beaucoup de domestiques de ferme sont des fils de petits propriétaires, qui se mettent en service parce que la propriété de leur famille nTest pas suffisante pour les occuper, parce qu'ils veulent avoir de l'argent comptant, dont ils économisent une partie pour se marier, *< se monter » et louer une ferme plus ou moins grande.

Enfin, parmi les non-propriélaîres se trouvent de* individus majeurs dont les parents sont vivants, et parmi eux, des fils de propriétaires d'une parcelle de terrain, de plusieurs dizaines ou centaines d'hectares,

Derrière les propriétaires déclarés, il faut voir les propriétaires latents.

Pourobtenir rassictteeontrïhutive, on compte 5 personnes en Hollande, 4,70 en Angleterre, et, en France, où les familles sont moins nombreuses, 4.

Si on fait ce calcul pour les 8.454.000 propriétaires

de propriétésnon bâties en France, on obtient 33,810.000 propriétaires sur 38.343.000 Français, ou 89 0/0. Or, l'observation concorde à peu près avec ce chiffre. L'administration des contributions directes compte par 1.000 feux, c'est-à-dire par 1.000 ménages, 849 propriétaires, ou 85 0/0.

On peut donc dire qu'en France on peut considérer comme propriétaires de la propriété non bâtie , plus de 8 habitants sur 10.

Admettons qu'il y ait quelques doubles emplois ; que la même personne ait été quelquefois comptée deux fois comme propriétaire, nous retrouvons plus que cette proportion avec les 6.595.000 propriétaires de la propriété bâtie.

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