‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 65 sur 149 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les adversaires de la propriété.

Pas d'optimisme. — Les adversaires de la propriété. — D'abord les propriétaires. — Adversaires des routes et des chemins de fer. — Les propriétaires ne sont pas les agriculteurs. — Les. rentiers et les propriétaires. — Les socialistes révolutionnaires.

— Pour guérir la propriété, supprimer les propriétaires h — Les socialistes chrétiens. '— Les philanthropes. — Leurs préjugés,

— Ils veulent attacher le paysan à la terre. — Utilité des villes pour la propriété et l'agriculture. — Le « homesteatf exemption ». — Liberté de tester.

Voilà les résultats : M. Lafargue aura beau se lamenter, il ne persuadera à personne que la situation de la propriété en France est plus mauvaise qu'à la » veille de 89. S'il me traite d'optimiste, il a tort* Je trouve que la propriété pourrait être dans une beaucoup meilleure situation qu'elle ne l'est. Voilà vingt ans que je dénonce, après tant d'autres, les vices de sa constitution juridique et de son organisation fiscale; que je propose un certain nombre de réformes destinées a les faire disparaître; mais ces réformes sont conformes au programme de 89, et elles n'y sont pas contraires, comme Je programme de M. Lafargue.

La propriété immobilière a plusieurs adversaires qui travaillent consciencieusement à sa ruine.

Je mets, d'abord, au premier rang, nombre de propriétaires qui considèrent que, du moment qu'une maison ou un champ s'appellent propriété immobilière, ils doivent rester à tout jamais frappés d'immobilité.

Ils considèrent encore que la propriété doit demeurer dans la famille, alors que les fils auraient besoin de capitaux pour s'établir. C'est une sorte de déchéance pour les enfants de vendre la maison paternelle quand ils n'en savent que faire.

Ces propriétaires ont prouvé à maintes reprises, d'une manière éclatante, comment ils comprenaient leurs intérêts.

Adam Smith raconte que les agriculteurs et propriétaires des comtés voisins de Londres adressèrent une pétition au parlement pour l'empêcher d'étendre les routes aux comtés plus éloignés, alléguant que, la maind'œuvre y étant à plus bas prix, leurs produits pourraient leur faire une ruineuse concurrence.

En France, les Morvandeaux ont résisté aux routes qui leur ont apporté le bien-être1, et il n'y a guère de province qui n'ait présenté de pareilles résistances. En Angleterre, comme en France, les propriétaires se sont déclarés hostiles aux chemins de fer qui devaient les enrichir. Perdonnet rappelait qu'aucun Versaillais n'avait consenti à assister à l'inauguration du chemin de fer, et les propriétaires d'Alençon se figurèrent avoir remporté une grande victoire quand ils parvinrent à faire passer par le Mans la ligne de Bretagne ! Nombre de propriétaires considéraient que les chemins de fer commettaient des sacrilèges en traçant des lignes droi-

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