Letourneau, Évolution de la propriété, p
Quand, quittant les populations dont nous venons de parler, Letourneau passe à celles qui représentent la seconde étape de l'humanité, il nous montre les Australiens ayant encore un régime commun poussé au point que tout est à tous, y compris les vêtements, les ustensiles et les femmes. Ils ont moins de prévoyance que le loup, qui, rassasié, enterre les .restes de la proie qu'il n'a pu manger1.
Chez des peuples arrivés à un degré d'organisation supérieure, chez les Otomaques, les Nootka Colombiens, nous trouvons encore le communisme : « La terre est comme l'eau, comme le feu qui ne peut se vendre. »
L'homme de ces civilisations anarchiques a l'intelligence lente et obtuse. Il ne saurait prendre fréquemment de décisions exigeant un effort intellectuel. Il obéit à l'habitude, et la coutume collective régit tous ses actes. S'il tue un kanguroo, l'Australien a pour lui le train antérieur ; le reste est partagé d'après certaines règles; de même pour le poisson. Sans. ces règles méticuleuses, toute chasse serait suivie du massacre des chasseurs entre eux.
Quand on observe les détails donnés sur ces organisations primitives par des voyageurs plus ou moins exacts observateurs, elles ne démentent pas les déductions que certains économistes avaient tirées du fond commun de la nature humaine.
La propriété individuelle a commencé par l'aliment, s'est étendue à l'ustensile, à l'arme, au vêtement, à. l'ornement : objets tangibles, préhensibles, que l'individu peut serrer sur lui-même ; résultats de ses recher-