‹ La Propriété Paysanne: Partage en Nature du Code civilChapitre 10 sur 29 · Les pays où la natalité est la plns élevée sont · texte numérisé non relu

Les pays où la natalité est la plns élevée sont

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DAREMATE ES enr es. 7102

Le faible accroissement de notre population a donc pour cause essentielle nos mœurs ou notre législation successorale. Beaucoup d’économistes et non des moindres, voient en effet dans notre Code même, une des causes certaines de notre infériorité numérique. Cazalès avait jeté un cri d'alarme à la Constituante lors de la discussion sur la suppression du droit de tester. Il annonçait que cette interdiction allait arrêter l'essor de la population, et depuis Le Play et son école n’ont cessé de réclamer contre une législation qui d’après eux fait péricliter le commerce, l'industrie et l’agriculture. On pourrait établir un parallèle entre les régions de la France qui ont essayé de remédier aux conséquences fâcheuses de nos lois successorales et celles quis’y sont soumises. Si les pays à forte natalité sont ceux où l’on cherche à faire des aînés et si les autres n’ont que peu d'enfants, ne serons-nous pas autorisés à en déduire par voie d’analogie, que l'inégalité dans les partages facilite l’accroissement de la population.

M. Alfred des Cilleuls a fait à ce sujet une communication à la Société d'Economie sociale. Il a pris quatre provinces qui avaient une grande liberté pour tester : les Trois-Evêchés, la Lorraine, la Franche-Comté et l'Alsace.

Pour 100 ménages et pour une période de quatre années de 1781 à 1784 il a trouvé :

ÉDATISIEE ie 2.2 309 naissances LABS TR, ve 490 — RSS RE Te Re ee 474 — ES OR en PE TEE 466 —

Par contre, dansla Normandie, la Touraine, l’Aniou et le Maine, l’Aunis et la Saintonge, où existaient des

restrictions au droit de tester, il n’a plus constaté que :

ÉDTTS TE Re 380 naissances INR ee eue ae 318 — ISSN Em ur 377 — RARE Es à 390 —

Nous avons pour ces provinces une moyenne de 369 naissances pour 100 ménages, inférieure de 116 unités à celle des quatre premières provinces.

Nous avons eu la curiosité de savoir si, aujourd'hui, les départements qui occupent le territoire de ces provinces avaient conservé les mêmes habitudes. Les résultats que nous indiquons sont ceux du recensement de 1901 publiés au Journal officiel du 16 novembre 1906. Nous prenons les départements qui ont été formés par la Normandie, nous trouvons que la Manche, l'Orne, le Calvados, l'Eure et la Seine-Inférieure ont un excédent de décès sur les naissances.

Les départements issus de la Franche-Comté, le Doubs, la Haute-Saône et le Jura ont une moyenne de

2,15 décès et 2,15 naissances environ pour 100 habitants:

La différence qui ressort de ces chiffres est faible, nous voyons cependant qu’il y a un pourcentage de naïssances un peu plus fort pour le groupe de départements compris dans la Franche-Comté.

La dernière cause qui influe sur notre population, c'est, avons-nous dit, l'état de nos mœurs.

Lorsqu'on examine une carte démographique, on est frappé par ce fait que les pays les plus en retard dans la civilisation ont le plus de naissances. La Chine est un pays particulièrement prolifique, l'Empire chinois avec ses 400 millions d'habitants peut devenir un péril menaçant pour l’Europe. On commence à envisager la possibilité d'une invasion des Jaunes.

Ce n’est pas la civilisation qui provoque l’accroissement de la population, et l’on peut en donner une explication très simple. L’homme civilisé a plus de besoins que l’homme primitif, il devient prudent et calculateur, il sait qu’une nombreuse progéniture lui coûterait cher à élever, 1l la restreint. Il semble même qu'à mesure où l’on monte dans l'échelle sociale, les familles deviennent de moins en moins nombreuses. La bourgeoisie a moins d'enfants que la classe ouvrière.

L’amour du bien-être a envahi la société, on veut satisfaire à cette soif du plaisir, et les enfants imposent de lourds sacrifices. Il faut les élever, les nourrir, les doter, pourvoir à leurs divers besoins pendant de longues années. Il est peu de familles qui n’aient un

ou deux enfants, l'instinct paternel et maternel reste

vivace au fond des cœurs, l’enfant est une joie, il égaie la maison, il sera le but pour lequel on travaillera, l'espérance de l’avenir, l'être sur qui se concentreront toutes les affections de la famille.

Mais à la rigueur il suffit d’un fils unique pour apporter ces consolations, et perpétuer le nom, deux ou plusieurs ne seraient qu'un embarras. Aussi limitet-on les naissances par tous les moyens.

La statistique criminelle des infanticides et des avortements a subi une crise très sensible pendant les dernières années du xix® siècle en vertu d’une loi sociale bien connue. Plus un crime devient fréquent, plus la répression tend à s’adoucir, parce que le crime choque de moins en moins les idées et les mœurs de la société(1).

Le fléchissement dans la répression et la difficulté de la preuve jettent un voile sur la grande majorité de ces crimes. Un examen superficiel des statistiques viendrait corroborer cette idée que l’infanticide est moins fréquent (2).

En 1881-1885 il y en a eu 877. En 1896-1900 — 535.

Il n’en est rien, les magistrats effrayés de la bien-

veillance du jury correctionnalisent de plus en plus

l’infanticide. Un moraliste a déjà fait cette remarque

1. Dans un pays où tous les habitants seraient adonnés au vice de J'ivrognerie, personne ne songerait à la répression de l’ivrognerie, 2. Statistique de l’administration de la justice criminelle.

profonde qui a l’air d'un paradoxe. € Les enfants illégitimes ne se rencontrent plus que dans les populations restées probes et honnètes. »

Dans une ville comme Paris, dit M. Bureau (1), le chiffre annuel des avortements dépasse tout ce que Îles inductions pessimistes permettent de conjecturer.

Onne s'en tient pas là, la chirurgie a tenté il y a quelques années, avec succès, l'opération de l’ovariotomie et le docteur Canu déclare qu’on a ovariotomisé à Paris 30.000 à 40.000 femmes et qu'il y a en France 500.000 femmes environ qui ont subi cette opération. Il est permis de croire que l'intervention chirurgicale n’était pas justifiée dans un aussi grand nombre de cas.

L'instinct paternel et maternel traverse une crise, il fléchit. On sait que les pratiques déshonnètes du malthusianisme se répandent dans les différentes classes de la societé, plusieurs syndicats ont fait une campagne en faveur de ces idées dont l’application nous conduirait bientôt à la ruine. M. Gauthier de Clagny (2 et 3) stigmatisait à la Chambre cette campagne détestable. «Je dis qu'il est impossible que le gouvernement de la République, soucieux de la grandeur de notre pays et de son avenir dans le monde, se désin-

téresse de la situation que Je signale ».

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