V. de Foville. Le morcellement
délier. Il en résulta une très grande division de la propriélé, mais il y eut ensuite à partir du xvi' siècle un mouvement de concentration (1).
Seulement il est bon de faire remarquer comme le dit Benjamin Constant que le morcellement des terres s’arrêtera toujours au point au delà duquel il deviendrait funeste.
.Ge n’est pas sans raison qu’on rend nos lois successorales responsables des licitations fréquentes des petites propriétés, de leur vente au détail et enfin du mor-
cellement exagéré dans certaines contrées.
Influence au point de vue de la population
Nous touchons à un point extrêmement controversé, ceux qui se sont occupés de démographie, sont arrivés à des conclusions quelquefois diamétralement opposées.
La France est un pays à faible natalité, si on la compare aux autres pays d'Europe, cette infériorité est manifeste. Tandis que la Russie compte plus de 40 naissances pour 1.000 habitants, l'Allemagne 38,2, nous ne pouvons mettre en regard de ces chiffres qu’un coefficient de 22,5, ce coeflicient n’a cessé de dimi-
nuer (2).
1. V. Vicomte d'Avenel. Histoire économique des salaires, des denrées et de tous les prix en général depuis l'an 1200 jusqu’en l'an 1800.
2. V. Guéry. Mouvement et diminution de la population agricole en France, 1895.
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On n’a pas manqué de trouver beaucoup de motifs à une pareille situation. M.Levasseur écrit (1): « Quand le savant cherche les causes de le faible natalité en France, il a le droit de dire d’une manière générale qu'ees sont d'ordre psychologique plutôt que physiologique et que c’est vraisemblablement la volonté des familles d’avoir peu d’enfants qui est la cause principale de cet état de choses. » En veut-on une preuve ? Il suffit de voir comment se comporte notre race quand elle s’expatrie. Le Canada est un exemple typique. Les colons français qui l’ont peuplé ont des familles nombreuses, plus nombreuses que les colons anglo-saxons, les familles de dix enfants n’y sont pas rares
« La race canadienne française sous l'influence du climat et des bonnes mœurs s’est eomme régénérée et sa vigueur se manifeste par l’accroissement de sa natalité et de sa longévité. La moyenne du nombre d’enfants est de 12 chez les canadiens français et de 7 à 8 chez les canadiens anglo-saxons (le taux de la natalité dans la province de Québec a été en 1903 de 30,78 pour 1000 (2 et 3).
1. Levasseur, Revue politique de la population en France, octobre 1907.
2. Les mœurs actuelles du Canada français, Bounet-Maury dans le compte rendu des séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, octobre, novembre 1908.
3. V. Les annales du musée social, juin 1908. — La direction du travail au ministère du Travail vient de créer un service de statistique interna-
tionale du mouvement de la population d’après les registres de l’état civil, En voici les résultats,
En réalité notre race est aussi prolifique qu'une autre quand elle veut l'être.
Notre mortalité infantile est assez élevée, nous ne sachions pas qu’elle le soit beaucoup plus que dans les autres pays. Et à ce propos M. Engerand-prenait la parole à la séance de la Chambre des députés du 13 novembre 1908 (1) : « La France traverse une crise de natalité dont un des signataires de notre amendement, M. Messimy, a signalé la dangereuse répercussion sur l’état futur de nos effectifs militaires... Le chiffre de la mortalité a été un peu restreint depuis quelques années, il est toujours énorme puisqu'il est presque
égal à celui de la mortalité par tuberculose... Des sta-
L'excédent des naissances en France est plus faible que dans tous les autres pays d'Europe pour 10.000 habitants. Cet excédent pendant les vingt dernières années du xux° siècle est de :
12,5 pour la France.
5x « Islande, Espagne.
7D « Alsace-Lorraine.
95 « Autriche.
98 « Bavière, Belgique.
106 « Italie.
1II « Hongrie.
115 « Suède,
135 « Allemagne et Grande-Bretagne.
131 « Danemark.
132 « Finlande,
138 « Prusse.
14o « Norvège.
147 « Saxe.
La diminution de la natalité est générale dans tous les pays, mais dans aucun la proportion des naissances n’est aussi faible qu’en France où l’on compte année moyenne 222 naissances pour 10.000 habitants,
1. Journal officiel. Chambre des députés, n° du 14 nov. 1908.
tistiques absolument terrifiantes ont montré que sur 1.000 décès un cinquième au moins était d'enfants de moins d’un an. Ces décès sont fournis dans la proportion de 80 0/0 par la classe ouvrière... Il est démontré que sur 1.000 décès d'enfants de moins d’un an, 766 exactement auraient pu être évités, car ilstenaient, soit à une alimentation défectueuse, soit à une débilité congénitale causée par le surmenage de la mère au moment de la grossesse. » Devant d'aussi tristes constatations on ne peut que s'étonner que la France n’ait pas jusqu’ici fait des efforts plus énergiques pour soustraire à la mort chaque année les 36.000 enfants qui auraient pu lui être arrachés (1).
L'émigration extérieure n'est pas alarmante, nos colonies, l’Algérie même comptent plus d’étrangers
que de Français qui s’y sont établis.