‹ La proscription de la Saint-BarthélemiChapitre 12 sur 100 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Mort de François II avant la signature de l'arrêt de mort prononce' contre le prince de Condé. — Charles IX , âgée de dix ans, est roi. — Catherine régente, aidée des conseils de L'Hôpital. — Le roi de Navarre lieutenant- général du royaume. — Anne de Montmorenci rentré en grâce à la cour. — Les Guises restent à la cour, mais leur position est changée.

L'arrêt du prince de Condé n'était pas encore signé par tous les juges quand on apprit que le roi, languissant depuis un mois, était à l'extrémité. Condé attendait son arrrét en homme de cœur, et même, si l'on en croit les écrits du temps, avec sa bonne humeur ordinaire. Il écrivait à sa femme des lettres pleines de consolation , lorsqu'on lui annonça la mort du roi.

A François II succède Charles IX . roi de dix ans. Catherine de Médicis, aidée des sages conseils de L'Hôpital , se saisit delà régence, de roncert avec le roi de Navarre, qui est déclaré lieutenant-général du royaume. Le prince de Condé est délivre de sa prison , un délai est convenu avec lui pour sa justification. Le connétable Anne de Montmorenci revient à la cour. Disgracié par François Ier à la fin de son règne, vengé par Henri II, qui le mit à la tète de ses affaires, maltraité sous Fran-

cois II , il est rappelé par Charles IX, tant il y a de raison et de justice dans la cour des rois despotiques. Le connétable s'employa à établir la bonne intelligence entre la régente et le lieutenant-général du royaume.

Les Guises restèrent à la cour , mais leur position était changée et leur caractère ne Tétait pas. La régente s'était flattée de tout concilier, de tout balancer, en faisant jouer la crainte et l'espérance sur les partis opposés. Concilier était le vœu naturel d'une âme qui n'était pas méchante, et balancer les intérêts était un moyen digne d'un esprit qui n'était pas ordinaire. Cette marche était aussi convenable à la position d'une régente qui ne devait pas trancher entre des grands dont la majorité du roi pourrait faire cesser les querelles.

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