CHAPITRE XII
Elats d'Orléans. Leur indifférence pour Jes dissentions religieuses. — Les Bourbons et le connétable unis pour provoquer la recherche des dons faits sous le règne précédent , dans la vue de faire dégorger Guise et autres princes lorrains. — Les Guises se lient avec l'Espagne par son ambassadeur.
Cependant les états-généraux étaient assemblés à Orléans. Le nouveau roi s'y rendit avec toute, sa cour.
Les séances durèrent tout le mois de janvier 1461 . On les prorogea au mois de mai suivant.
Les objets qui occupèrent cette session méritent d'être remarqués; ils portent témoignage de l'éloignement qu'avait le fond de la nation pour les dissensions religieuses : son attention était tournée vers d'autres intérêts (1).
L'objet qui intéressait le plus la cour, c'étaient les finances. Le roi deNavarre proposa la recherche des dons et gratifications faites durant le règne précédent. Son but était moins de servir l'intérêt public que d'attaquer les Guises. Bientôt les Bourbons voulurent leur expulsion, et menacèrent d'aller à Paris faire déclarer, par le parlement, le roi de Navarre régent du royaume, si l'on ne chassait les Lorrains.
Le connétable était de ce parti; il était prêt à se rendre à Paris quand Catherine, d'après le conseil de L'Hôpital , lui fait donner par le jeune roi Tordre de rester près de lui, et de faire sa charge de grand-maître. Cet ordre arrêta tout. On resta : Catherine soutint les Guises dans cette première bourrasque (2).
Mais en même temps elle voit une étroite liaison entre eux et l'ambassadeur d'Espagne , qui jouait en France le rôle de ministre d'état, louait, im-
(1) Anquetil, page 96. — (2) Idem, page 100.
prouvait hautement, depuis que Catherine ellemême, après la mort de Henri II, avait réclamé une sorte de protection de la part de Philippe IL
Elle montra alors des égards aux calvinistes, par courtoisie pour les Bourbons. Elle aurait fait jouer cette bascule avec succès, si le connétable, rappelé par elle, était au moins resté neutre; mais il se réunit aux Guises qui l'avaient chassé et dépouillé sous le règne précédent.