‹ La proscription de la Saint-BarthélemiChapitre 27 sur 100 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Catherine, personnellement attaquée, se met en défense. — Les confédérés arrêtent d'enlever le roi , qu'ils supposent prisonnier d'une faction.

La reine, personnellement attaquée dans les écrits du parti , directement menacée par des lettres anonymes, voyant quela tolérance dont elle avait eu à cœur de faire jouir les protestans, et pour laquelle elle s'était fait des ennemis parmi les catholiques, ne suffisait pas aux chefs de. parti; et que les Colignis avaient regagné le prince de Condé,

(i) Anquetil , liv. I , page 2'i5.

croit devoir se mettre en défense. L'empereur envoyait des troupes en Belgique pour y réprimer des. troubles; elles étaient conduites par le fameux duc d'Albe et devaient traverser la Lorraine; Catherine prend prétexte de ce passage pour réunir des forces en Champagne, remettre sur pied les anciennes compagnies, lever six mille Suisses, appeler des troupes d'Espagne et de la cour de Rome (1) et faire des emprunts. Le duc d'Albe et son armée passent, et les nouvelles troupes françaises et les troupes suisses ne sont pas moins conservées. Il se répand alors que la destination en doit être funeste aux chefs des confédérés , et que le prince de Condé , toujours à Valéri , doit être incessamment arrêté ainsi que l'amiral , que ces dispositions ont été résolues dans un conseil secret. Les chefs du parti se rassemblent d'abord a Valéri, où l'on ne conclut rien ; ensuite àChâtillonsur-Loing chez l'amiral , et là les confédérés résolvent d'enlever le roi, qu'ils supposent prisonnier d'une faction.

Le 26 septembre 1667, la cour inquiète envoie un observateur à Châtillon-sur-Loing pour savoir ce qui s'y passe ; l'observateur rapporte qu'il a trouvé l'amiral habillé en ménagier, faisant ses vendanges. Le rapport était vrai : néanmoins

(1) Castelnau , livre VI. — Anquetil , liv. 1 , page 26g.

le 28 toute la France était en armes ; alors il y eut , dit Tavannes, cinquante places de prises, et il se trouva tout-à-coup dans Rosai, petite ville à quatre lieues de Meaux , u n gros corps de cavalerie tout composé de gentilshommes commandés parle prince de Condé , l'amiral , Dandelot , et le comte de La Rochefoucauld.

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