‹ La proscription de la Saint-BarthélemiChapitre 32 sur 100 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ialousie du roi après la bataille de Moncontour , il prend le commandement; se trouve en mauvaise situation; (ait la paix ; c'est la troisième paix.

La victoire de Moncontour réveille la jalousie du roi contre le duc d'Anjou ; le monarque part pour l'armée, prend le commandement, assemble un conseil. Tavannes veut qu'on poursuive les vainqueurs sans relâche; mais la jalousie qui excitait le roi, tourmentait bien d'autres. Les Montmorenci, négligés par la cour, se laissaient volontiers aller à leur penchant naturel pour Coîigni leur parent. Le maréchal de Cossé, le duc de Montpensier, les Guise, le Cardinal même ne se souciaient point de contribuer à la fin d'une guerre dont la gloire devait revenir à un enfant, guidé par des capitaines nouveaux , dont ils ne seraient que les seconds : tant il était vrai qu'ils étaient faiblement passionnés contre l'hérésie et peu jaloux de l'extirper î

Tavannes se retire , les créatures de la reine sont écartées. Le roi partage le commandement entre le duc de Montpensier et les autres généraux, v

compris le duc d'Anjou , sans préférence, ni distinction. Il mortifia ainsi ce jeune prince et sa mère dont la puissance, comme on voit, n'allait pas même jusqu'à terminer un ouvrage commencé si utilement pour l'autorité royale; sa situation était une véritable disgrâce, mot nouveau alors, comme, le remarque Henri Etienne, mot qui ne pouvait être inventé que dans une cour où la défaveur était une peine infligée aux actes hors de l'atteinte des peines légales.

Le roi se mit à attaquer les places occupées par les religionnaires; six des plus fortes se rendirent presque sans défense; mais Saint-Jean-d'Angely tint deux mois, et ne se rendit qu'à l'extrémité. L'hiver arriva, il fallut mettre les troupes en quartier.

La Rochelle restait aux vaincus. L'amiral, à qui l'on avait laissé le temps de refaire en Languedoc sa petite troupe de trois mille chevaux, si harassée, que les paysans même la molestaient, avait réuni un nombre considérable de gentilshommes. L'affabilité desjeunes princes, leur ardeur guerrière gagnaient la noblesse des lieux qu'ils parcouraient. On fitdans le Languedoc et le Dauphiné de fortes recrues d'infanterie; on rappela Montgommeri (i) et

(1) Anquetil, liv. I, page 3i8.

sa troupe victorieuse, qui étaitenBéarn. L'armée se refit autour de Montauban , dans des quartiers où régnait l'abondance; il ne manquait à cette armée que de l'argent et des munitions. La Rochelle en fournit; le dixième des prises que faisaient les armateurs était pour l'armée.

Au commencement du printemps de 1070, elle desrend du haut Languedoc , se répand dans les plaines de Toulouse, brûle les maisons des magistrats du parlement, qui avaient toujours été si âpres à faire brûler les luthériens et les calvinistes ; ils avancent vers la Loire, marchant droit vers Paris, pénètrent dans la Bourgogne, s'avancent vers l'Orléanais et l'Ile de France par le pays situé entre l'Yonne et la Loire. Les troupes allemandes firent plus de huit cents lieues en six mois.

Après la victoire de Moncontour, le pape, les princes d'Italie, le roi d'Espagne avaient redemandé leurs soldats comme désormais superflus en France; les Allemands s'étaient retirés sans solde (1). Le roi n'avait pour sa défense que quatre à cinq mille Suisses et quelques compagnies formées par des gentilshommes volontaires, et pas un sou pour les payer.

(1) Anquelil, liv. I, page 322.

Sa situation était déplorable ; l'éloigncment de sa mère lui était funeste parcequ'il n'était pas en état d'agir de lui-même : et pourtant il répugnait à des succès dont il lui aurait eu l'obligation. Il voulut la paix à tout prix. La situation des princes, ou si l'on veut de Jeanne d'Albret, était bonne, mais précaire, parceque la nation ,' toute échauffée qu'on la supposait pour ou contre le calvinisme, était opposée aux deux partis qui se faisaient la guerre; il fallut donc faire la paix : elle se conclut à Saint-Germain -en -Laye, où était le roi, le 2 août 1570.

Les confédérés obtinrent une amnistie générale, le libre exercice delà religion prétendue réformée, excepté à la cour, la restitution des biens confisqués, la faculté de parvenir à toutes les charges de l'état , celle de récuser pour leurs affaires six juges catholiques dans les parlemens. Enfin on leur accorda quatre villes de sûreté: la Rochelle, Montauban , Cognac, La Charité; sous la condition que les princes de Béarn et de Condé, et vingt des principaux de leur parti, feraient le serment de les rendre dans deux ans.

l3() ÉBAUCHE HISTORIQUE

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