‹ La proscription de la Saint-BarthélemiChapitre 43 sur 100 · EN CINQ ACTES ET EN PROSE · texte numérisé non relu

EN CINQ ACTES ET EN PROSE

Cet ouvrage n'est point une tragédie, ce n'est point un drame , c'est uniquement ce qu'annonce son titre, un fragment d'histoire dialogué; les faits, les circonstances qui ont amené la proscription de laSaint-Barthélemi n'ont rien de dramatique : cette grande catastrophe est l'ouvrage de la peur et de la défiance de Catherine de Médicis et du duc d'Anjou son fils, agissant sur la lâcheté, l'orgueil et la férocité de Charles IX , et surprenant dans un moment d'irritation convulsive une résolution de tyrannie effrénée. Il n'y a rien de théâtral dans l'art qu'ont exercé le duc d'Anjou et sa mère pour provoquer la proscription prononcée par Charles IX , ni dans les sentimens qui les ont déterminés. Sans doute il serait facile de produire des effets dramatiques , en ajoutant aux faits constatés quelques fictions qui donneraient un mouvement plus passionné aux caractères et en marqueraient mieux le trait. Mais depuis la Henriade jusqu'aux écrits les plus récens , Y histoire de la Saint- B art hélemi a été tellement travestie, que j'ai cru utile de mettre la vérité en évidence; et pour cet effet, de m'interdire toute espèce d'ornement, c'était le cas de se dire :

Ornari res ipsa negat, contenta doeeri.

Pour ne laisser aucun doute sur l'exactitude à laquelle je me suis attaché, je cite à chaque pas mes autorités. J'ai voulu aussi faciliter la vérification des passages sur lesquels je me fonde, et épargner de longues et de pénibles recherches , en transcrivant à la suite de l'ouvrage ce que disent des causes de la Saint-Barthélemi trois personnages dont les témoignages ont une grande authenticité : le premier est Jacques- Auguste de Thou, le second est le maréchal de Tavannes, le troisième est Henri III, alors qu'il était roi de Pologne. Comme il existe un grand nombre d'éditions de leurs écrits, les renvois que j'aurais faits sur mes exemplaires n'auraient pu servir aux personnes qui auraient eu des éditions différentes; en conséquence, j'ai fait des coupes nombreuses dans les extraits que j'ai imprimés, je les ai numérotés en chiffres romains, et j'y renvoie de toutes les parties du texte qui peuvent demander une preuve.

D'autres autorités que les trois dont je viens de parler m'ont donné des notions qui manquent à leurs relations ; je les ai placées au bas de chacune des pages où elles se rapportent, parceque ce que ces auteurs disent d'ailleurs aurait été superflu. Ces autorités accessoires sont celles de Marguerite de Valois, de Pierre Mathieu, de le Laboureur, de Mergey, de l'auteur de la Vit de Coligni.

P. -S. Depuis que cet ouvrage est à l'impression, M. Crapelet a publié une Correspondance du roi Charles IX et du sieur de Mandelot, gouverneur de Lyon pendant Cannée iS"]*, époque du massacre de la Saint-Barthélcmi; on y trouve les deux lettres qui suivent.

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