SCÈNE IX ET DERNIÈRE
LE ROI, LA REINE-MÈRE, LE DUC D'ANJOU
LE DUC D'ANJOU
Puisque Guise prend tout sur lui et que nous ne devons point paraître, il est prudent de nous retirer chacun dans notre appartement.
LA REINE
En effet, si quelque incident , si le tocsin allait pousser les gens de service à entrer dans nos chambres, il faut qu'on nous y trouve comme étrangers à ce qui se passera. (Au roi.) Mon fils, vous avez besoin de prendre un peu de repos; séparons-nous.
le ro! , comme égaré.
Oui, séparons-nous, cachons-nous.
le duc d'anjou.
Et vous, madame, vous êtes accablée... Il est
bon...
LA REINE
Hélas !
56a la proscription de la st.-barthél. [On entend le tocsin de Saint-Germain-l }A 'uxerr vis.)
LE DUC d' ANJOU.
Voilà le signal !... [A sa mère et au roi.) Retironsnous Quand nous ne reposerionsque deux ou trois heures (1) !...
( Ils se séparent, )
(i; Cette scène est indique'e par le discours de Henri III, XXIV; par Ta vannes , LIV et LV; par les actes authentiques du roi, immédiatement après le massacre de Paris. Tavannes dit que le roi à son coucher entretient Pardaillan et La Rochefoucaull de propos joyeux , leur donne congé' , se couche et se lève soudain , Le roi avait donc l'intention de se cacher. Il reposa deux ou trois heures, dit Henri III , c'est-à-dire qu'il fut retiré ce temps-là. Enfin les premières lettres du roi aux provinces après le massacre , mettent tout sur le compte de Guise. Donc pendant la nuit il dut se tenir renfermé, afin qu'aucun témoin ne pût dire qu'il n'avait pas été étranger à ce qui se passait.