ECRITS JUSTIFICATIFS, ETC
bien sçai-je que le son nous blessa tous trois si avant en l'esprit, qu'il offença nos sens et notre jugement, pris de terreur et d'appréhension des grands désordres qui s'alloient lors commettre 5 et pour y obvier envoyasmes soudainement et en toute diligence un gentilhomme vers M. de Guvse, pour lui dire et expressément commander de notre part, qu'il se retirast en son logis, et qu'il se gardast bien de rien entreprendre sur l'admirai ; ce seul commandement faisant cesser tout le reste, pareequ'il avoit été arresté qu'en aucun lieu de la ville il ne s'entreprendroit rien qu'au préalable l'admirai n'eust été tué. Mais tôt après le gentilhomme retournant nous dict que M. de Guyse lui avoit répondu que le commandement estoit venu trop tard , que l'admirai estoit mort , et qu'on commençoit à exécuter par tout le reste de la ville '7 ainsi retournasmes à notre première délibération, et peu après laissasmes suivre le fil et le cours de l'exécution. Voilà , monsieur tel... , la vraye histoire de la Sainct-Barthélemy, qui m'a troublé cette nuict l'entendement. »