LA LIBÉRATION. ^O
trois OU ([uatre violents (sur seize membres). Mais Amar n'y était plus. Ou pouvait 'donc toucher à sou œuvre.
L'influence la plus considérable appartenait d'ailleurs, à ce moment-là, au Comité de législation', présidé par Cambacérès, et dont tous les membres, sauf David-Delisle-, avaient été pris dans la Plaine.
Les Comités auraient donc dû se metlic à Tomivre pour le 22. Mais la nouvelle majorité qui se formait dans la Convention élait tellement pressée qu'elle n'attendit pas jusque-là. A la séance du 20, le rapport est réclamé avec insistance. Un membre va plus loin : il demande que tous les députés mis en arrestation avant le 9 thermidor soient sur-le-champ élargis et rappelés à la Convention ; il représente à l'Assemblée que « plus de soivante de ses membres oui clé déciélés d'arrestation sans qu'ils eussent été entendus, sans qu'ils aient eu aucune connaissaïu^c des pièces à leur charge » ; (lu'on avail ordonné ([uc ces pièces fussent imprimées et qu'elles ne le sont pas encore « a])rcs (juinze mois écoulés » ; (juc
1. \()ii\ siii" ce (^Oitiil*', iiiic iiolc impoil.nilc de M. \ml.'ird. Ilisl. [Ktliluiiic. p. 507.
2. David Dclisic, avant d'oui rcr à l.i (loiiNciilioii le \>. de (•ombre i-yli coMimo S'ii|)j)lôaiil, avail ôlo jii<j:o au Tiihmial n'*volnli()iiriairo ol avail noIo. Io So oclohro. la coïKlamiialioii (lo> ( iii niuliiis.
■A[y\ L\ PKOSCUIPTION DES GIRONDINS.
« la prétendue protestation [du 0 juin lyo-'^l pour laquelle ils ont été enfermés, n'a point encore paru »; qu'il faudrait au moins qu'on la fît connaître !
Ici, un incident qui serait comique s'il n'était lamentable : Bentabole, membre du Comité de sûreté générale, vient déclarer que le Comité n'a pas la pièce ! que c'est Amar, le rapporteur du 'A octobre i7g3, qui doit la détenir. Amar, mis en cause, dit qu'il ne l'a pas, qu'elle doit se trouver au Tribunal révolutionnaire ! En conséquence, on décrète que le greffier du Tribunal la remettra dans les vingt-quatre heures, et que le Comité la fera imprimer aussitôt « pour être distribuée * )) .
Le surlendemain, 22 octobre, le rapport n'est pas prêt. Pénières proteste, réclame une décision immédiate : c< Que nos collègues soient rendus
I. 1'. ^. C, l. \LYI1, p. 279; Moniteur du a4 octobro. Au compte rendu de co journal on voit intervenir, en faveur de Richou, un député ([u'on appelle Cigogne, et la Table du Moniteur le signale, sous le nom de « Gigongne, ancien constituant », comme ayant, en sept circonstances spécifiées, pris part aux débats de la (Convention. Il s'agit évidemment de Cigongne-Maupassant, député du Tiers pour la sénéchaussée de Saumur. Mais, comme le fait remarquer le Dictionnaire des Parlementaires, son nom ne figure sur aucun des procès-verbaux d'élection à la Convention, ni comme titulaire, ni comme suppléant; il ne se trouve pas non plus aux Conrentionnels de Jules (JuilVrey. Petit mystère à éclaircir.
LA I.IBKUATION. 335
sur-lc-cliarnp à la liberté, et que le rapport soit fait dans quatre jours ». Merlin (de Thionville), au nom du Comité de sûreté générale, répond a que la protestation du 0 juin a été enfin retrouvée ' ; qu'elle a été remise au Comité hier à minuit; qu'on la copie, et qu'elle sera demain à la distribution. »
Suit une discussion des plus confuses sur la journée du 3i mai, où interviennent Guyomar, TFiuriot, Tallieii, Guyton-Morvcau, Barère, Delmas, Robert Lindet et Cambon, et oii ce dernier répète en les accentuant ses révélations du 3 octobre, dénonçant Danton, Robespierre, llenriot et Paclie. Les trois premiers n'étaient plus là pour répondre; mais Pache, que la requête des députés détenus aux Ecossais avait aussi mis en cause, répliqua, et il s'en suivit loule une |)olémique de brochures*.
I. l'^lIc (Hall, 011 cnV'l. nu ^^rcllc du Tiibuual rt'volulioiiliiiro, annexée au rapport (l'Vmai-, dont Kouquier-Tinville ■('lait servi comme n'cpiisilnire. le m'j octobre ivo'^ au >rocès des (îirondins.
■i. Tourheux. liihU<njrm)lû('. u""
'io<J7, Discours de (]nmh(ni dans Ui sniin-r du I" brumaire (32 octobre); V<)08, Pnche à (lumlnm, vt brumaire; '1069, Pache à Pénières, id.;
^070, Pache aux députés déleuus aux i:c<)ss((is. id.; ^1071, Pache à Delmas, 3 brumaire; 'i(>7'i- Pur}u' ù Ciuytou Mori'fuu, id.
23() LA PUOSCHIITION DES GIHONDINS.
Ce rapport, demandé pour le 2;^ octobre, ne devait être déposé que six semaines plus lard ! Les Comités ne pouvaient pas se résoudre à désavouer les tristes journées du 3i mai et du 2 juin. Mais, en attendant cet acte de justice, devant lequel ils reculaient ainsi, ils se résignèrent du moins à un acte d'humanité : la mise en liberté des députés prisonniers. La transaction se fit là-dessus.
C'était d'ailleurs commencé depuis quelques jours :
Déjà, le 17 octobre, Delamarre, qui, laisse d'abord aux Bénédictins anglais au commencement d'août pour raison de santé', avait sans doute obtenu peu après de rentrer chez lui avec un garde, est autorisé à sortir sans être accompagné ' ;
Dans la même séance, Blaviel avait obtenu d'être interné dans son domicile*;
Le ï8, on décide que Bohan u sortira sur-le-