P. V. G., t. LTI, p. 109. — Moniteur du 29 décembre
2. Id., t. LUI, p. 11; Moniteur du 9 janvier 1796. — Le P. V. G. date la lettre de Ségur; le Moniteur dit Signes. Il faut lire Signes.
lui a été rendue [par le décret de rappel du 8 décembre].
Le lendemain, 7 janvier, à propos d'une discussion sur les émigrés, Laurenceot avait touché à une question des plus délicates. Il avait parlé de ces hommes, « victimes de Robespierre et des hommes de sang, ... que la persécution a poussés sur une terre étrangère * » , autrement dit qui avaient émigré. C'était, je l'ai établi, le cas de Louvet, qui s'était réfugié en Suisse en février 1794 et n'était rentré en France qu'après le 9 thermidor. C'était par le Jura qu'il avait gagné la Suisse, et Laurenceot, député de ce département, pouvait d'autant moins l'ignorer que trois de ses collègues du Jura, Babey, Grenot et Vernier, avaient par les mêmes chemins émigré en Suisse, eux aussi ; ils avaient été pourtant rappelés le 8 décembre : on avait feint de ne pas savoir qu'ils revenaient d'au delà de la frontière. Mais le cas de Louvet, dont la notoriété était autrement grande, et qui avait été nommément proscrit par les décrets, était bien plus embarrassant. Il semble donc que Laurenceot, en soulevant cette question, essayât de préparer le retour de Louvet. Mais son ouverture fut mal accueillie. Le seul mot d'émigration exaspérait