‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 124 sur 153 · Ch. Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, t. III · texte numérisé non relu

Ch. Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, t. III

Enfin, le i3 janvier, on lut une longue lettre de Yitet', dont le cas se rapprochait de celui de Louvet. Lui aussi (voir plus haut, p. i38) avait émigré. En février 1793, il avait obtenu, pour raisons de santé, un congé illimité, et s'était rendu à Lyon, son pays. Là-dessus, était survenue l'insurrection de cette ville. Bien qu'il n'apparaisse nulle part comme y ayant trempé, il n'en avait pas moins été décrété d'arrestation le 1 1 juillet. Mais il avait pu se cacher, d'abord à la campagne, puis à Lyon même, où il se trouvait encore le 21 octobre 1793 S douze jours après que les troupes de la Convention y étaient entrées. Il était parvenu ensuite à passer en Suisse, où Dulaure le rencontra à Zurich en janvier i'j()^\\ Kentré en France apics le 9 thermidor, il venait demander à la Convention de « se prononcer sur son sort ». Il faisait remarquer ([ue le décret du 17 décembre derniei-, refusant la réintégration des hors la loi, ne lui était pas applicable, puis- (ju'il n'était pas « dénommé » aux décrets des

I. P. V. (]., i. Mil. |). l'i"); la \o\i\o osl an Monilenr du if) janvier.

a. Tnetoy, 1. IX, n" i.S.

.i. MarcL'Ilin lioudct, op. cit., pp. .\'Si-.\'S'j. Dans ce lé- < il, fait avec les papiers de Dulaure, Vilel est appelé Viret. Mais il n'y a pas à s'y tromper. « L'iionorable \ iret, député modéré, ancien maire de Lyon, [)ioscri(, lui aussi, par la Monlaj^ne. »

28 juillet et 3 octobre 1793. Renvoyé aux Comités, (( pour en faire le rapport dans les trois jours ».

La question des hors la loi parut ensuite, sans que j'en voie la cause, oubliée pendant près de deux mois*.

Mais, le 1*' mars, un moment après que la Convention eut enfin rapporté la terrible loi des suspects du 17 septembre 1793, une députation de la section de l'Unité vint réclamer la réintégration de ce dernier ban des proscrits, et Pénières prit la parole pour l'appuyer-. « Si nos collègues sont coupables, qu'ils soient punis de mort; mais, s'ils sont innocents, qu'on leur rende leur chaise curule. »

La Convention vola 0 l'ajournement », laissant ainsi la question ouverte. Mais ce qui hâta davan-

1. Noter seulement que, le 3i janvier, Andréï, Bonet, Bresson, Isnard, MoUevaut, Savary et Vallée écrivent aux Comités réunis pour demander le paiement de leur indemnité de nivôse et des mois suivants. (Tuetey, t. \ III, n" 3838.) C'est la conséquence du décret du 17 décembre. Ils ne craignent donc pas de reparaître. Les Comités passent à l'ordre du jour.

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