Monitenr du 6 juin
3. Durand-Maillane, dans ses Mémoires (pp. 127-128), ra- )[ite lui-même que, lorsque le fatal décret eut été rendu et
que plusieurs députés l'entourèrent pour faire inscrire leur protestation au procès-verbal, il eut pour eux la prudence de les faire signer sur une feuille volante, (ju'il hrùla ensuite, sur leur demande môme, lorsque le parti de Kobespierre eut décidément triomphé.
f\S LA PROSCRIPTION DES GIRONDINS.
réponse insolente de Boiiidon (de l'Oise), on pasS' à l'ordre du jour.
Autre tentative, le lo juin, pour revenir sur le funeste décret du '2. La Convention, en volant l'arrestation des Yingt-neuf, avait prescrit que le Comité de salut public apporterait sur eux un rapport dans les trois Jours. Une grande semaine était écoulée, et le rapport n'était pas prêt. C'est pourquoi, lorsque llérault-Séchelles se présenta pour lire le projet de Constitution qu'on bâclait alors, Vernier réclama pour que, tout d'abord, on s'occupât du sort des députés détenus, arguant qu'on ne pouvait voter la Constitution tant que l'Assemblée ne serait pas au complet; il fut appuyé par Defermon, Camboulas et Ducos; Jeanbon-Saint-André répondit par quelques mots acerbes, et l'incident fut clos ^
L'effort avait donc été vain, et c'est pour cela sans doute que Barbaroux, voyant la partie perdue, s'évada dans la nuit du lo au ii.
On sentait bien d'ailleurs que les protestations en séance ne serviraient à rien et que la Convention, après avoir plié à l'heure décisive, n'oserait pas se déjuger. Aussi les protestations indirectes avaient-elles déjà commencé, adressées aux départements par leurs mandataires. A quoi pou-