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comme on peut le voir sur l'original. Mercier, quelques années plus tard, le lui reprocha durerement : « Tout étonné d'avoir fait un acte de courage, ou plutôt ayant peur, il supplia pour eflacer sa signature. Cette grâce lui fut accordée par le mépris*. »
Trouvée dans les papiers de Lauze-Deperret, cette pièce servit de base au rapport par lequel Amar, le 3 octobre, fit décréter d'arrestation les soixante-quinze signataires. Mais elle ne fut pas publiée alors, et les détenus s'en plaignirent avec raison lorsque, après le 9 thermidor, ils osèrent élever la voix. C'est seulement dans le Moniteur du :5 novembre 179/1, treize mois après, qu'elle fut imprimée pour la première fois, d'après une copie délivrée alors par le Comité de sûreté générale*.
Lauze-Deperret comptait-il recueillir d'autres adhésions? C'est possible, mais plusieurs durent hésiter, et les événements allaient vite. Il ne donna d'ailleurs aucune publicité au document, qui, dès qu'il restait secret, ne pouvait avoir de valeur que le jour où la Gironde aurait triomphé. Il aurait même, pour rassurer les timides, promis de détruire la pièce', mais il n'en fit rien,