‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 20 sur 153 · Tuetey, Répertoire, t. IX. p. 27 et passim · texte numérisé non relu

Tuetey, Répertoire, t. IX. p. 27 et passim

et c'est ainsi qu'on la trouva chez lui , avec d'autres papiers non moins compromettants (lettres de M"''' Roland prisonnière, de Barbaroux, etc.).

Pourquoi les vainqueurs attendirent-ils plus de deux mois pour user de cette arme ? On va le voir.

En somme, jamais il n'y eut de protestation plus apeurée.

Pendant ce temps, les bancs de l'Assemblée se dégarnissaient, les absences volontaires (autre (orme de protestation, plus timide encore) devenaient de plus en plus nombreuses. Les vainqueurs s'en émurent. Dès le 6 juin, on décida de ne plus accorder de congés et même de rappeler d'urgence ceux qui en avaient obtenu. Le 7, on fit un appel nominal; le 11, on déclara qu'il n serait fait un autre les 12 et 1^, a pour constater les absents et les déclarer démissionnaires » ; le i3, on demanda au Comité de salut public, pour le lendemain, u un rapport sur les députés absents sans congé ou sans commission »; le i/j, nouveau décret prescrivant pour le lendemain un double a|)pel nominal, à la suite duquel les absents « seront déclarés avoir déserté leur poste

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et abdiqué volontairement leurs fonctions », et remplacés par leurs suppléants. Toutes ces mesures n'arrêtaient pas les départs, a Plus de i5o membres ont fui après l'appel nominal du 7 juin », écrira Laplaigne quelques jours plus tard^ Petion, dans ses Mémoires '\ affirme que, le jour où Brissot fut décrété d'accusation (23 juin), il n'y avait pas 60 membres à l'Assemblée. Meillan déclare aussi' que 0 pendant plus de deux mois, la plus nombreuse séance ne contint pas 100 députés actifs ». Il ajoute que, même en octobre, le décret du 10 qui ajournait à la paix le fonctionnement de la nouvelle Constitution « fut rendu par 60 ou 80 députés seulement ». On peut dire que ni Meillan ni Petion, fugitifs l'un et l'autre , et intéressés à noircir le tableau , ne sont des autorités irrécusables. Mais Laplaigne était présent (il ne fut arrêté que le 6 août) et son témoignage ne peut être écarté *.

1. Moniteur du 8 août. Chabot prétendit, il est vrai, que ces prétendus fuyards n'en étaient pas moins venus toucher leur indemnité le i" juillet.

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