‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 30 sur 153 · Nouveau Paris, t. I, [). aTx · texte numérisé non relu

Nouveau Paris, t. I, [). aTx

riLLET 1793. 73

Et iieaniuoiiis, la Monla^^ne ne fut pas contente (lu rappoit de Saint-.lust. Déjà, dans la séance du \ juillet, le Comité de salut public avait été taxé de mollesse; on muimniait aux Jacobins.

Il en résulta que, à cette séance du 8, quand Saint-Just eut terminé sa lecture, on se borna à statuer sur Berlrand-Hosdinière (qui fut rappelé), I on renvoya la discussion du rapport après qu'il iiurait été imprimé. La demi-amnistie offerte par le Comité de salut |)ul)lic était donc ajournée, et l'occasion ne devait plus se représenter.

Kt là-dessus, on vota l'arreslaiion de Condorcet, pour avoir critiqué dans une biochure la nouvelle Constitution, et de Devérité, qui avait propagé l'écrit.

Le vent, décidémeni. iTélaitpasà laclémeiKc et on le vil bien lorsque, le surlendeniain (10 juillet), il fallut renouveler le ('oiiiité de salut puhlic.

Dans cette journée du 10 juillel, la niaj<u'il('> nionlagnarde s'empai;i du ( loiuih' de s;ilul public. I.lle ramena à neuf le nombre de ses nuMubres,

y/l L\ PROSCRIPTION DF>S CIRONDINS.

(|iie des adjonctions successives, depuis le décret d'institution du 6 avril, avaient porté jusqu'à dix-huit, et fit élire, par appel nominal et à haute voix, — sûre manière de peser sur les timides, — Barère, Couthon, Gasparin, Hérault-Séchelles, Jeanhon-Saint-André, Robert Lindet, Prieur (de la Marne), Saint-Just, et Thuriot. Prieur et Thuriot étaient seuls nouveaux ; les sept autres étaient déjà du Comité et y représentaient presque tous l'influence de Robespierre, qui d'ailleurs entra lui-même au Comité le 27 juillet, en remplacement de Gasparin, démissionnaire. Ce qui rendit cette victoire plus significative encore, c'est que, parmi les onze membres éliminés, figuraient Danton et ses amis, Cambon, Delacroix, Delmas, Guyton-Morveau, etc.

Dès lors, la Convention, en présence des événements qui se succèdent rapides, agit avec une décision qui montre qu'elle n'entend plus transiger.

Le II juillet, elle apprend que Chasset, dont on n'avait pas signalé l'absence jusque-là, est à Lyon, au milieu dés insurgés'. Elle le décrète

I . Chassel avait quitc Paris secrolcmcni le i" juillet (Tuetey, Rép. t. Yllf, n° 3i64). Le 8. il était arrivé à Lyon et se présentait à la « Commission populaire », qui avait pris la direction du mouvement. Quelques jours après, il lançait une Adresse à ses commettants, rendant compte des événe-

l'arrestation, ainsi que quatre de ses collègues (le Rhône-et-Loire, Forest, Michel, Patrin et Vilet.

I Le 12, c'est le tour de Birotteau, également I dénoncé comme étant allé se joindre à la révolte lyonnaise'. Sur le rapport de Couthon^ il est déclaré traître à la patrie et mis hors la loi, — ce que Saint-Just avait déjà proposé dans son rap- ])ort du 8.

Le i3 juillet, l'assassinat de Marat déchaîne les suprêmes colères. Aussi, dès le 1^1, Fauchet et

monts des 3i mai et 2 juin, (t^llea étcpiibliéo par M. Gcor- 'j:os (ïuigue, op. cit. Cf. Tuctoy, t. VIII, n'' 32o3). Le 23 juillet, il était encore là; mais, dans la nuit suivante, il sortit (le Lyon et passa en Suisse ( \bbé Guillon, Mémoires, t. I,

1. Hirotteau, en arrestalion cIkv lui. s'(''lail ('vad(' dans la nuit du 24 au 26 juin, ainsi qu'on l'a \n. et (Hail aiiisc' I Lyon le /» juillet. 11 y fit imprimer son Adresse aux Iranlis, dont M. (ieorges (iuigue a aussi donné le texte. Des le iC, nous le voyons s'iiupiic'ler delà nomination du royaliste Précy comme gcMUMal des forces lyonnaises. yVussi >()rlit-il de Lyon en mè-me temps que Chasset, mais pour ^c rendre à liordeaux, où il esp(»rait continuer la lutte. Meillan, qui l'y rencontra, rapporte un propos signiliealif : " Il me dit... qu'étant allé à Lyon, ainsi que Chasset, dans l.'i persuasion que celte ville n'armait que pour la liberté, ils n'avaient pas lardé à di'couvrir que les meneuis avaient d'autres vues, et (pi'en consécjuence ils s'élaienl tous deux empressés d'en sortir. » (Mémoires, p. 73.)

A. Ce rapport a été publié par M. Danban (La (léiiunioiiie 'I Paris en 1793, p. 'Ai)-].)

yO lA PUOSCllIPTION DES (ilIlONDI.NS.

Lauze-Depcrret, en raison de leurs relations ave( (iliarloUe Corday, sont-ils décrétés, le premier^ d'arrestation, le second d'accusation'.

Enfin, le i5, la Convention arrête de considérer comme démissionnaires ceux de ses membres qui avaient quitté leur poste et d'appeler leurs suppléants^ Voici les députés, au nombre de 24, dont elle décréta ainsi le remplacement :

Barbaroux, Bergoeing, Birotteau, Buzot,

Ghambon, Chasset, Cussy, 1

Delahaye, Duval, '

Glroast, Gorsas, Grangeneuve, Giiadet,

Henry-Larivière,

Kervélégan, fl|

Lanjuinais, Lasource, Lesage, Lidon, Louvet,

Masuyer,

Petion,

Rabaut-Saint-K tienne,

Vitet.

(Je souligne les noms de ceux qui avaient fui spontanément avant d'avoir été frappés par aucun décret.)

Nous voyons ainsi que Delahaye et Duval, tous deux députés de la Seine-Inférieure, département voisin du Calvados, étaient partis avant le

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