‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 42 sur 153 · L.V POUSSÉE HÉBERTISÏE · texte numérisé non relu

L.V POUSSÉE HÉBERTISÏE

La journée du 5 septembre est donc bel et bien une manœuvre préméditée du parti hébertiste.

m Ce jour-là, la Convention, envahie par la foule, sommée par une députation de sections que conduisaient Pache, le maire de l^aris, et Chaumetle, le procureur de la Commune, ainsi que par une députation des Jacobins que menait Hébert, fit tout ce que demandait la populace. Barère, au nom du Comité de salut public, reprenant la formule trouvée par Rover et reproduite ajoutons-le) dans l'adresse d'Hébert', déclara qu'il fallait « placer la terreur à l'ordre du jour », versei" le sang a des conspirateurs, des Brissot, des Marie-Antoinette» et fit décréter la création d'une armée révolutionnaire. Au début de la séance, Merlin (de Douai) avait fait voter une réorganisation du tribunal révolutionnaire, ([ui, divisé en (juatrc sections, j)ouvail (fuadru])ler sa sinistre i)esogne.

Tonl le programme y était. Alerlin et Barère avaient signifié à la Convention qu'elle n'avait plus qu'à obéir. Ils avaient ainsi désaiiné l'éincMilc

I. «' lAï bien! léj^islaUMiis, pliK c/ I;j Ifiiciii- à l'oidic du jour. .) (Monileiir <\\i 7.)

(jf\ LA PUOSGUIPTION DES CIUONDINS.

et sauvé sans doute l'Assemblée d'un coup de main hébertiste. Mais à quel prix !

C'est l'exécution de cette sanglante promesse du 5 septembre que les Jacobins ne cesseront de réclamer pendant le mois tout entier. Parcourons les comptes rendus de leurs séances* :

8 septembre. — « On se plaint que Brissot et autres détenus de son espèce ne soient point encore jugés et que le tribunal n'ait point l'air de s'en occuper », et Desfieux est obligé d'expliquer que le tribunal n'a pas encore reçu les pièces à charge.

15 septembre. — Desfieux, à son tour, se montre impatient. « Il rappelle à la Société qu'elle a pris l'engagement de s'occuper sans cesse de faire juger Brissot, Vergniaud, Guadet, etc., et Antoinette. »

20 septembre. — « Desfieux demande que la Société s'occupe du jugement de Brissot et d'Antoinette. » Il regrette que les six commissaires nommés par la Société pour préparer les éléments de l'acte d'accusation de Brissot ne se soient pas encore réunis.

21 septembre. — « Que Brissot soit jugé avec tous ses complices! » s'écrie le jacobin Lejeune, membre de la Convention.

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