‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 43 sur 153 · I. Aulard, Jacobins, t. V, pp · texte numérisé non relu

I. Aulard, Jacobins, t. V, pp

LA POUSSEE HEBERTISTE. QJ

23 septembre. — Brochet, juré au tribunal révolutionnaire', se plaint « que l'acte d'accusation contre Brissot et Antoinette ne soit pas encore lu dans cette séance^ ».

30 septembre. — « La Société arrête qu'elle se portera en masse à la Convention, pour lui demander le prompt jugement de Brissot et de tous ses complices. » Puis Sentex' « lit le projet d'une adresse que doit présenter demain à la Convention une députation de la Société afin de provoquer le jugement de Brissot ».

Et en elï'et, le lendemain, i' octobre, une députation de Jacobins, accompagnée de délégations des Sociétés populaires de Paris, était admise à la barre de l'Assemblée et présentait une pétition « tendant à ce que Brissot et ses com-

I. Brochet était l'aulour do la famcvisc prière : <( Ocœur lie Jésus! ô cœur de Marat ! »

■i. A en croire les rapports des observateurs du Ministre de l'Intérieur, la fouie voulait du sang^ elle aussi. « Le peuple murmure, au tribunal révolutionnaire, qu'on ne jiif,'e pas lirissot et compagnie. » (Rapport de Soulet, lo sep- Icriibre) « Le peuple se plaint dure tard que l'on met au ju- ^.^'mentdes Hrissotins. » (Rapport de Béraud, i6 sept.) « Au liibuiial révolutionnaire, la foule se plaint « de ne pas voir in^'er Antoinette, Brissot et autres grands criminels. » |{;jpport de liousseville. — P. Caroii, Paris pendant la Terreur, i. \.)

'^. Moniteur du \ octobre Le journal imprime « Sain- I'nI'' ', mais c'est Sentex, Juk' siipphaiil au tribunal ré- \oliirKnniaire.

lai

gG LA PUOSCUIITIO-N DES (ÎIHO.NDI.NS.

plices reçoivent sans délai la peine due à leu forfaits ». Sur quoi la Convention décida, sur la"' proposition de ïhuriot, que, « séance tenante, le Comité de sûreté générale présenterait l'acte d'accusation contre Brissot et ses complices ». Mais un instant après, Voulland, membre de ce Comité, vint déclarer que le rapport ne pouvait être prêt que dans trois jours. En conséquence, la Convention l'ajourna, pour tout délai, au surlendemain. « Le rapporteur, avait dit Youlland, passe toutes ses nuits à travailler son rapport. » Mais la foule montrait une telle impatience que Thuriot, Julien (de Toulouse) et autres demandèrent qu'on lui fit au moins connaître, « par une affiche de douze lignes », les raisons de ce dernier relard '.

On était tellement pressé que, à la séance des Jacobins du 'i octobre-, un membre était venu lire un acte d'accusation contre Brissot en 16 articles, et contre Petion, (Juadet, Vergniaud, Isnard, etc. Cet acte d'accusation fut ajourné, sur l'observation que firent plusieurs membres, « ([u'il était trop chargé de détails qui prolongeraient inutilement la procédure » ^ Le rapport qu'Amar

Page 1