Monileiir du 8 octobre
LA POUSSEE HEBERTISTE. 97
devait lire à la Convention le lendemain 3 octobre ne péchera pas par ces précisions embarrassantes !
Comme on vient de le voir, l'acte du 3 octobre ne fut donc que l'exécution, réclamée jour par jour, des terribles promesses du 5 septembre, et ces promesses avaient été littéralement dictées [)ar les hébertistes.
Un historien très averti, M. James Guillaume, estime que ce coup de force du 3 octobre, machiné comme une conspiration, fut concerté pour prévenir une coalition dans l'Assemblée entre un groupe de Montagnards, Duhem, Thuriot, Duroy, etc., qui s'attaquaient au Comité de salut public, et le côté droit, les survivants de la Cironde*. Le Comité aurait craint, en septembre 1793, devoir se former un pacte comme celui (jui renversera Robespierre en juillet 1794 ^
1. Procès-verbanx da Comité d'imlruciion publique de la (Convention, t. II, Introduction, pp. xxxix-xu. « A partir du ) octobre, l'opposition est matée », dit M. Guillaume avec une ingénuité un peu féroce.
2. M. Guillaume a pris son opinion dans Bûchez, l. WIX, p. 125, séance du 26 septembre. Goupilleau (de Montaigu), Ducos, Bourdon (de l'Oise), Duhem, Briez, Merlin rie ThionvlUe) attaquent le Comité de salut public, à la suite
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Je lie le pense pas. Assuiémenl, il y avait de la division parmi les vainqueurs, et ces fissures n'échappaient pas aux esprits clairvoyants. Assurément aussi, on avait entendu encore, de loin en loin, des voix courageuses s'élever du côté droit'. Mais Thuriot, Duhem, Duroy, étaient plutôt des indisciplinés que des meneurs. Et puis, je ne vois pas bien Ducos et ses amis marchant avec eux. Il semble bien plus simple de s'en tenir à mon explication : le 5 septembre, pour n'être pas submergé par les hébertistes, on avait promis du sang à la foule ; le 3 octobre, on paya la lettre de change souscrite par Barère.
de nos revers aux armées. « Le côté droit, mucl cl consterné jusqu'à ce jour, battit des mains à cette agression. Son attitude détermina une addition au décret du H octobre [en préparation] qui envoya au tribunal révolutionnaire Bris sot et ses complices, et dont l'article 4 prononça en effet l'arrestation de tous les signataires des protestations des 6 et 19 juin. »
I. Boyer-Fonfrède , Ducos (6 et 8 juillet), Guyomar (3o juin, 3, 18 et 3i juillet), Penières (3i juillet).