LE COUP DU 3 OCTOBRE. IO
d'aiîcusation '. Amar semblait pourtant prêt à appuyer Osselin, et offrait de lire des pièces à la charge des protestataires. Selon lui, leur effacement depuis le 2 juin a était un nouveau plan de conspiration concerté par Barbaroux » ! C/est le cas de rappeler le vers de \1.-J. Chénier :
l'roscrit pour mes discours, prosrrll pour mon silence
Kobespierre déjoua la manœuvre, déclara celte lecture inutile, et insista pour qu'on s'en tînt aux sanctions proposées. (( La Convention, dit-il, ne doit pas chercher à multiplier les coupables... Il en est beaucoup d'égarés... Parmi les nombreux signataires de la protestation, il s'en trouYc; [)lusieurs, et j'en connais, doni los si«4nalincs ont été surprises... » Son avis était donc d'attendie, « pour passer à d'autres mesures, si elles de- \cnaient nécessaires », le rapport demandé au roiiiih' (le sùi(Mé générale.
Oïï verra plus loin que ce lapport, par sa voloFilé sans doute, n(? fut jamais déposé, l'oule la porh'-e de son inlervcrïlion a été l)i<'n mise en lu-
I. Wallon. Trih. n'-r.. I. I. ;i7<), dit i^ ce snjcl : « .loin- (lic les 7.') nnx 'ii.élail penl-èln" sauver c<Mix-ci de l'écha rau<l. » La remanpie est subtile, (iaral {Mêinoircs. p. ul^S) lavaitilcjà laile : «(^esl par leur nombre bien plus (jue pai' leur innocence el par leurs vertus (pic les Soi\anle-hei/.(» onl v\r (Iclendiis. ••
mière par Durand-Maillane dans ses Mémoires
Maribon-Monlaut, toujours âpre, insista ensuite pour que les députés à arrêter fussent, non pas détenus à domicile, traitement trop doux et surtout trop propice aux évasions, mais conduits effectivement dans des maisons d'arrêt. Décrété.
Les proscrits présents à la séance firent passer alors au président de la Convention (c'était Gambon), une lettre oii ils déclaraient « n'avoii jamais conspiré contre la patrie... » On n'en acheva pas la lecture.
On procéda ensuite à l'appel nominal des décrétés qui, sur la proposition de Thuriot, sortirent un à un par la barre et furent conduits dans la salle dite « des pétitionnaires ».
C'est seulement après qu'on leva la consigne interdisant de sortir de la salle, et la séance prit fin à cinq heures après-midi ^
Cette lugubre journée, où l'on vit la Convention se mutiler elle-même, non plus comme au