‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 49 sur 153 · Pp · texte numérisé non relu

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2. P. V. C. — A 5 h. 1/2, dit le Journal des débals el décrels; à 6 heures, dit le Moniteur, et aussi Dulaure, qui était là.

LE COUP DU O OCTOBRE. lOQ

■1 juin SOUS la pression de l'émeute, mais sur la sommation du gouvernement, plongea les esprits dans la stupeur.

^jme Roland, alors prisonnière à Sainte-Pélagie, s'indigna de la résignation des victimes. « Plutôt que d'obéir à leurs tyrans, de descendre à leur barre, de sortir de l'Assemblée comme un timide troupeau que le boucher vient de marquer, pourquoi ne se faisaient-ils pas justice, en tombant sur les monstres pour les anéantir, plutôt que d'en recevoir leur arrêt .^ » '

Dulaure, qui était à la séance, use de la même comparaison, tant elle se présente naturellement à l'esprit : « Quelques députés voulurent élever la voix, on refusa de les entendre.' Je les vis ensuite tous alors, sans résistance, se parquer dans

I. Mémoires, t. II, p. 272. — Et, en môme temps, elle écrivait à Mentelle. son dernier confident : « Je ne m'étonne point de la résignation avec laquelle le dernier coup a été reçu. C'était le 2 juin que ceux qui auraient eu du courage avaient occasion de le montrer. Apres ce qu'ils ont laissé faire alors, ils sont faits pour être conduits à la boucherie. Je n'ai guère de pitié pour ceux-là, mais je méprise encore plus ceux que l'on tolère [c'est-à-dire la Plaine]. » (Lettres, nouvelle série, t. II, p. 54 1.)

Michclct reprendra ces images : « parqués à la barre, comme un troupeau marqué pour la mort» (t. VI, p. 3o6). Et ailleurs (p. .'^30), en parlant de l'hécatombe du 3i octobre : « Qu'il efit bien mieux valu pour eux périr le 2 juin, sur les bancs de la Convention 1 »

rericeiMle de la banc, coiiiine des a^neauX destinés à la boucherie'. »

Un contemporain, écrivant longtemps après, employa la même image : c< On fait fermer les portes du temple des lois ; les spectateurs cessent d'être libres et ne peuvent sortir des tribunes; des déjmtés dénoncent des députés; des représentants font arrêter des représentants; on dénombre à la barre les accusés et les détenus comme un troupeau... » Qui a écrit cette saisissante descrij)tion de la séance? Barère! Le cœur se soulève quand on voit cet honinie ilélrir après coup les journées du '2 juin et du 3 octobre, et énumérer ses efforts pour sauver les Ciirondius-!

Les députés arrêtés, groupés d'abord dans la salle des pétitionnaires, furent conduits de là « dans un réduit qui donne entrée aux latrines '»,

I. Mém. de Dulaiire,\). .-^84 et suiv. La phrase de Dulaure, dans sa contexture, vise les 4o députés atteints par les articles I et 2 du décret. Mais, sur ces 4o, il n'y en avait que H qui ne fussent pas ou en fuite ou déjà en prison, Boyer- Fonfrèdc, Ducos et Lacaze. Cette phrase n'aurait donc près que aucun sens sion ne consentait pas à l'appliquer à ceux des 75 qui se trouvaient là.

a. Mémoires, t. III, p. 4o5, Il a soin de noter d'ailleurs qu'il n'assistait pas à la séance. Cf. t. II, pp. 259,^04, 420,421, etc.

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